http://www.bourgogne365.com/wp-content/uploads/2010/03/lionel_jospin_francois_patriat_ps_dijon_bourgogne365.flvL’homme se fait habituellement si rare que sa visite à Dijon, à deux jours du premier tour, a forcément créé l’événement dans cette campagne des élections régionales : l’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin était en effet dans la Capitale des Ducs de Bourgogne vendredi 12 mars, pour dédicacer son dernier ouvrage « Lionel racontre Jospin », et surtout pour apporter son soutien à François Patriat, Président du Conseil régional de Bourgogne et tête de liste PS pour ces Régionales 2010.
« J’ai beaucoup apprécié François Patriat »
Lionel Jospin, ne tarissant pas d’éloges sur l’actuel Président du Conseil régional de Bourgogne, revient sur l’histoire de ses relations avec François Patriat : « J’ai mieux appris à apprécier les qualités de François Patriat lorsque, quand j’étais Premier ministre, je lui ai confié la mission très délicate de définir des approches raisonnables sur les problèmes de la chasse. La façon concrète et intelligemment conciliatrice avec laquelle il a essayé de rapprocher les points de vue entre écologistes et chasseurs a véritablement révélé ses qualités. Quand, ensuite, j’ai eu à procéder à un changement de gouvernement, j’ai pensé immédiatement à lui comme ministre de l’agriculture, et je l’ai beaucoup apprécié dans cette fonction ».
Selon l’ancien Premier ministre, « rentrer en campagne n’a pas été une rupture pour François Patriat, qui était un Président extrèmement actif, très présent sur le terrain : il s’est naturellement engagé dans un travail de conviction, de défense de son bilan et de propositions nouvelles pour les six ans qui viennent. Il veut convaincre jusqu’au dernier moment, et par cet engagement, il témoigne de son respect pour le citoyen et pour l’électeur ».
« Je ne dis pas que c’est gagné »
Si Lionel Jospin ne manque pas d’évoquer les derniers sondages, qui confirment que « la gauche est largement en tête et qu’en son sein, les écologistes et le Parti Socialiste sont dans une bonne position », il tient néanmoins à rester prudent : « Je ne dis pas que c’est gagné ; rien ne remplace le vote. Il faut donc se mobiliser pour le 14 mars, et ensuite rassembler pour gagner le 21″.
« Bons bilans »
Selon l’ancien Premier ministre, cette dynamique retrouvée a plusieurs explications : « On voit que les bilans de nos présidents de régions, et notamment celui de François Patriat en Bourgogne, sont de bons bilans. On l’explique aussi quand on voit l’échec de la politique du gouvernement et du Président Sarkozy, démontrées par l’impopularité du Président, et celle, bien que moindre, du Premier ministre François Fillon ».
Autre motif, selon Lionel Jospin, pour voter à gauche lors de ces Régionales : la réforme des collectivités territoriales. Selon l’ancien Premier ministre, « le gouvernement essaye de justifier cette réforme du mode de scrutin des régions par le supposé taux d’abstention, mais en réalité cette confusion entre conseils généraux et conseils régionaux, et le fait d’utiliser un scrutin de liste à un tour, est simplement conçu pour qu’une liste minoritaire au premier tour puisse empocher la majorité d’entrée de jeu, ce qui est une manipulation ».
Revenant cette fois sur son propre bilan, Lionel Jospin s’en prend au Président de la République : « A propos de l’insécurité, Sarkozy oppose les statistiques de mes cinq années de gouvernement aux chiffres publiés depuis. Mais ce qu’il oublie de dire, c’est que les agressions les plus graves, les violences dirigées contre les personnes, l’insécurité dans les établissements, se sont beaucoup aggravées depuis 2002″.
Pas de candidature Jospin en 2012
Quant à l’échéance présidentielle de 2012, s’il estime que « cela concerne l’ensemble de nos concitoyens et naturellement les socialistes dont les chances seront réelles », Lionel Jospin se cantonne au rôle de « simple citoyen, mais qui a une certaine expérience politique ». Précisant qu’il « soutiendra le candidat socialiste en 2012″, Lionel Jospin signifie cependant clairement qu’il ne sera pas celui-là…
François Patriat, pour sa part, rappelle qu’hormis cette visite de Lionel Jospin, il n’avait jusqu’alors, dans le cadre de cette campagne, « demandé aucun soutien ». Selon le Président du Conseil régional de Bourgogne, cette venue, « qui n’est pas faite de façon calculée », est « simplement l’illustration des valeurs auxquelles il croit, et qu’il partage avec Lionel Jospin : l’amitié, la fidélité et la fierté du travail accompli ».
« Proximité et de simplicité »
Soulignant sa « grande joie » de recevoir Lionel Jospin, le Président du Conseil régional de Bourgogne insiste sur le caractère de « proximité et de simplicité » de la rencontre, même si, selon lui, les gens ont une véritable admiration pour l’ancien chef du gouvernement, un respect pour la parole qu’il donne et pour la hauteur de vue du message qu’il transmet aujourd’hui ».
Enfin, revenant à son tour sur la période 1997-2002, François Patriat « regrette que beaucoup de ses amis ne pensent pas aujourd’hui à valoriser ce bilan que nous avons en commun et à contrecarrer les fausses vérités qu’on a dites sur cette époque ».


