http://www.bourgogne365.com/wp-content/uploads/2010/03/jean_francois_kahn_francois_deseille_modem_bourgogne365.flvBien que n'ayant pas directement pris part à ces élections régionales 2010, le journaliste et écrivain Jean-François Kahn (domicilié dans l'Yonne) a néanmoins apporté son soutien à plusieurs listes du MoDem, dont celle de François Deseille en Bourgogne, lors d'une réunion publique organisée mercredi 10 mars à Dijon, au Cellier de Clairvaux, en présence de Nathalie Griesbeck, députée européenne MoDem, et des trois têtes de liste départementales Isabelle Bonnicel (Nièvre), Jean Rapenne (Saône et Loire) et Pascal Henriat (Yonne).
"Aucune démagogie, seulement du concret"
Tenant à "marquer son amitié" pour François Deseille, Jean-François Kahn rappelle qu'il a déjà "partagé une bataille" avec le leader régional du MoDem, lors des européennes 2009 à l'occasion desquelles le journaliste et écrivain était tête de liste MoDem pour le Grand Est. Mais la principale motivation de ce soutien, selon Jean-François Kahn, réside dans la posture de François Deseille : "Aucune démagogie, mais seulement du concret, des propositions intéressantes et originales, à partir d'une véritable expérience du terrain".
Par ailleurs, Jean-François Kahn relève que François Deseille n'a pas prononcé une seule fois le mot "centriste" : "Deseille a tout compris ; aujourd'hui, compte tenu du bouleversement considérable du monde, le problème n'est plus d'être au centre, car entre deux erreurs, le milieu n'est qu'une synthèse d'erreurs. Entre le résistant et le SS, la vérité n'est pas au milieu, elle est ailleurs, au-delà : si cette position a pu avoir un sens, par rapport à une gauche étatiste et engluée dans son dogme, et à une droite ultra-libérale, il faut aujourd'hui tout recomposer, parce que c'est un monde neuf".
"La mission des journalistes, c'est de dire quand on nous ment"
Rappelant son parcours de journaliste et de directeur de publication, Jean-François Kahn déplore une certaine "dérive" du journalisme : "La mission des journalistes, c'est de dire quand on nous ment. Lors des Européennes, plutôt que de faire des grands discours de propagande, nous avons organisé des réunions pour expliquer la crise financière. Mais certains politiques ont dit que l'on pourrait ramener les déficits de 10% à 3% du PIB (soit 100 milliards d'euros) en quatre ans, sans impôts nouveau, ni politique de rigueur ! Si les journaux avaient fait leur boulot en disant ce qui n'allait pas et devait être corrigé, ils auraient eu plus d'influence sur le Président, qui se serait amélioré et serait dans une meilleure position aujourd'hui. On ne rend pas service à ses propres idées quand par lâcheté on n'ose plus dire ce que l'on devrait dire".
Jean-François Kahn s'élève ensuite contre la position "d'opposant" choisie par l'UMP, alors que le parti présidentiel dirige le pays : "Certes, au-delà du gouvernement, la crise est en grande partie responsable de l'augmentation du chômage et des déficits, mais pouvait-on imaginer un jour que les candidats de l'UMP oseraient dire que les responsables du chômage sont les présidents socialistes de régions ? Que Sarkozy, qui a tous les pouvoirs, s'empare des derniers contre-pouvoirs qu'il n'a pas (les régions), n'est pas souhaitable. Mais il ne faut pas non plus que ce contre-pouvoir soit d'une seule couleur, et il est important d'y intégrer de la diversité et de la différence".
"Adapter les formations aux besoins des entreprises"
Pour sa part, François Deseille, tête de liste régionale du MoDem en Bourgogne, revient sur plusieurs points de son programme, dont il précise qu'il a été construit "avec des gens qui sont experts dans leurs domaines : santé, université, développement économique". Selon François Deseille, "la première action à réaliser est un audit des besoins des entreprises en matière d'emploi, car si ces dernières nous disent qu'elles sont prêtes à embaucher, elles ont en revanche des difficultés pour trouver des personnes qualifiées : la priorité est donc d'adapter les formations aux besoins des entreprises, et ce dès le lycée en orientant les élèves dans cet objectif".
Constatant les difficultés des jeunes à obtenir des stages, "première étape vers l'emploi", François Deseille avance l'idée, proposée par les Jeunes Démocrates, d'un "portail électronique du stage, pour qu'un jeune de la Nièvre, par exemple, puisse trouver plus facilement un stage dans l'Yonne".
Priorité aux PME, TPE et artisans
Rappelant que la Bourgogne a perdu 30 000 emplois en un an et que 150 000 personnes y vivent dans la précarité, François Deseille affirme que c'est d'abord en soutenant les PME, TPE et artisans que l'emploi pourra être aidé : "80% de l'emploi privé en Bourgogne est pris en charge par des entreprises de moins de 10 salariés. Leur principale difficulté est que les banques ne leur donnent pas les lignes de crédit suffisantes, ce qui occasionne de plus en plus de difficultés de trésorerie. La Région doit créer un fonds de cautionnement pour aider les entreprises à passer ce cap difficile qu'est la crise".
Le TER à un euro
Enfin François Deseille souhaite "aider la mobilité, notamment des jeunes, au niveau des transports en TER" (compétence du Conseil régional) : "Comment inciter les gens à prendre le TER quand on se rend compte qu'un aller-retour Dijon-Nevers coûte 60 euros, et même 72 euros pour Dijon-Sens ?" D'où la proposition du MoDem de créer une "Carte Jeunes" permettant d'obtenir un billet de TER pour un euro.
Mais toutes ces propositions ne doivent pas, selon le leader régional du Mouvement Démocrate, faire oublier l'importance de la bonne gestion des deniers publics : c'est ce qu'il appelle la "MoDem Touch", cette volonté des élus démocrates de rester "soucieux de la maîtrise budgétaire dans toutes les collectivités où ils sont présents"...

Régionales 2010. Jean-François Kahn et Nathalie Griesbeck (députée européenne) avec les têtes de liste MoDem en Bourgogne (de g. à d.) : Pascal Henriat (Yonne), François Deseille (tête de liste régionale), Isabelle Bonnicel (Nièvre) et Jean Rapenne (Saône et Loire)