
Décision du CSA: FG "DJ Radio" arrive à Dijon sur 94.1 FM. Antoine Baduel, PDG: "Dijon a été un berceau de la scène electro française"
Après son arrivée à Besançon en 2008 en remplacement de la défunte « Radio Décibels », Radio FG vient d’obtenir une fréquence à Dijon. Au cours de son assemblée plénière du 15 février 2011, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a en effet autorisé la SAS FG Concept à diffuser son programme sur la fréquence 94.1 FM, avec une puissance de 1 kW. Une programmation, comme la définit la station elle-même, « mix, dancefloor & clubbing, electro house, techno, dance ». Radio FG émettra prochainement depuis le site de Chenôve, de Talant ou du Mont-Afrique.
Née lors de la libéralisation des ondes en 1981
Créée en 1981 sous forme associative, Radio FG (initialement « Fréquence Gaie ») était au départ destinée à la communauté homosexuelle, mélangeant musique, informations et petites annonces. Autorisée par la Haute Autorité (ancêtre du CSA), elle émet alors sur Paris et sa proche banlieue. En 1987, la radio évolue vers un format plus généraliste ; elle est alors autorisée par la CNCL (remplaçant la Haute Autorité) sous l’appellation « Future Génération ». En 1992, Future Génération devient Radio FG et s’oriente vers un format centré sur la musique électronique, ouvrant son antenne à de nombreux Dj’s tels Carl Cox, Jeff Mills ou Laurent Garnier (un habitué de « l’An-Fer » à Dijon).
La fin des années 90 aura vu FG se convertir en radio professionnelle et commerciale, également diffusée par câble, satellite et Internet. Le début des années 2000 verra sa transformation en SAS (Société en Actions Simplifiée), et la construction d’un réseau national, avec l’obtention de fréquences FM à Reims, Epernay, Poitiers, Aix en Provence et Rennes puis Clermont-Ferrand, Compiègne, Melun et Besançon. En janvier 2007, Médiamétrie place pour la première fois Radio FG devant NRJ et Fun Radio à Paris intra muros, faisant d’elle la seconde radio musicale jeune en audience derrière Skyrock dans la capitale.
Antoine Baduel : « Dijon a été l’un des berceaux de la scène électro française »
Avec cette nouvelle fréquence à Dijon, Radio FG obtient la couverture d’un bassin de population dépassant les 300 000 habitants. Dans un entretien accordé à nos confrères de RadioActu, Antoine Baduel, PDG de Radio FG, s’est félicité de la décision du CSA. Il a rappelé que la capitale de la Bourgogne « a été l’un des berceaux de la scène électro française ». « Peu de gens le savent, mais Dijon est une ville qui a longtemps été parmi les plus dynamiques en la matière », a t-il ajouté.
« Dijon a toujours été un symbole pour Radio FG, car c’était la première fréquence que nous avions demandée en province au début des années 2000″, a précisé Antoine Baduel. Par ailleurs, Radio FG s’est vue attribuer une nouvelle fréquence à Courchevel (Savoie), qui permettra à la station de couvrir Méribel, Val Thorens et Les Ménuires, soit l’un des plus grands domaines skiables au monde, ainsi qu’une fréquence à Annecy (Haute-Savoie), assurant la couverture d’un bassin de population d’environ 200 000 habitants. Au total, Radio FG dispose désormais de 19 fréquences FM sur le territoire. Elle est écoutée quotidiennement par 320 000 auditeurs.
L’une des dernières batailles de la FM
Comment une nouvelle fréquence a t-elle pu être attribuée à Dijon, alors que, comme dans de nombreuses grandes villes, la FM y est désormais saturée ? Tout remonte à 2009 : la liquidation judiciaire de la société Sofisa laisse derrière elle une fréquence libre, 94.1. En effet, Sofisa était l’éditeur de Parenthèse Radio, choisie par le CSA un an plus tôt, en 2008, lors de l’appel à candidatures qui aura notamment vu l’arrivée de K6FM, Radio Cultures et France Maghreb 2. Alors que le choix de candidats « pérennes » est une des priorités affichées par le CSA, cette radio n’aura donc existé qu’un an sur la FM bourguignonne, et laissé bien peu de souvenirs aux auditeurs !
De nouveau remis en jeu, le 94.1 est donc l’une des dernières fréquences techniquement disponibles sur la FM dijonnaise ; si quelques fréquences peuvent encore y être dégagées, elles seraient soumises à des restrictions techniques, comme une limitation de puissance pour ne pas brouiller des villes voisines. On comprend alors l’enjeu que pouvait représenter l’obtention de cette fréquence sur la capitale de la Bourgogne, convoitée notamment par BFM Business, MFM ou Radio Scoop. Autre candidate donnée au départ favorite, RTL2 aurait alors permis à RTL Group de compléter son offre sur Dijon avec RTL, RTL2 et Fun Radio. Or, le choix de FG va largement compliquer la donne pour la maison de la Rue Bayard…
La « Dj Radio » contre le « Son Dancefloor »
La première victime potentielle de cette arrivée de Radio FG en Bourgogne est en effet Fun Radio, qui par le biais de sa station régionale « Fun Radio Bourgogne – SPRGB » située à Mirande près de Dijon, diffuse son programme sur les agglomérations de Dijon, Beaune / Chalon, Auxerre, Lons le Saunier, Arnay le Duc, Avallon / Clamecy, Montbard et Tonnerre. Force est de constater, au fil des années, que le programme « urbain » de Radio FG, centré autour des musiques électroniques, s’est « démocratisé », et franchement rapproché du format commercial « groove / dance » de Fun Radio. Des playlists qui se ressemblent de plus en plus, avec un petit côté « parisien » en plus pour Radio FG. Le risque : une érosion de l’audience de Fun, qui se limiterait toutefois au bassin dijonnais.
La FM, un modèle en fin de course ?
Alors que les radios en ligne se multiplient (avec notamment un projet majeur à Dijon et en Bourgogne annoncé pour mars 2011) et que le moindre téléphone mobile permet d’écouter une radio du bout du monde avec une simple connexion 3G, la FM fait un peu office de vieillerie, à l’image d’une K7 audio face à un DVD Blu-Ray ! Tous les regards sont désormais tournés vers l’Internet, vecteur puissant pour la diffusion de chaînes de TV et de radio.
Toutefois, le projet du CSA de remplacer à moyen terme la FM par la « RNT » (équivalent radio de la TNT) semble devoir échouer faute d’engagement des opérateurs (TF1 a d’ailleurs mis fin à son expérience « LCI Radio »). La numérisation permettant un choix plus large, pourquoi les réseaux en place prendraient-ils le risque de voir leur audience diminuer au profit de nouveaux venus ? D’autant que l’exemple de la télévision est flagrant : la TNT a engendré un recul des chaînes leaders, à l’image de TF1, passée de 31,6 % d’audience moyenne en 2005 avant l’arrivée de la TNT, à 25,5 % en 2010…
Ainsi le CSA achève de « remplir » les derniers espaces libres de la bande FM française, principalement au profit des grands réseaux, qui souhaitent accumuler, tant qu’il est encore temps, un capital d’auditeurs, avant que la généralisation des radios en ligne ne les confrontent à plusieurs centaines de nouveaux concurrents. Une révolution déjà en marche, dont les bourguignons seront témoins dans les mois à venir…






