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Grèves du 24 juin 2010 à Dijon : « Rencontre après la manif » avec le Front de Gauche


Le Front de Gauche, alliance créée fin 2008, rassemble notamment le Parti Communiste Français, Solidarités 21, le Parti de Gauche et Gauche Unitaire

Le Front de Gauche, alliance créée fin 2008, rassemble notamment le Parti Communiste Français, Solidarités 21, le Parti de Gauche et Gauche Unitaire

Une « rencontre autour de la crise en Europe, de la résistance nécessaire à l’austérité imposée aux peuples, et des solutions pour sortir de cette crise et pour réorienter la construction européenne » : tel est le thème de la « rencontre après la manif » organisée par le Front de Gauche (PCF, Solidarités 21, Parti de Gauche et Gauche Unitaire) jeudi 24 juin 2010 à 17h30, salle Rosa Luxemburg, 3 rue de Montigny à Dijon.

« Repousser l’attaque frontale contre notre système de retraites »

Reprenant les principaux motifs du mouvement national de grève du 24 juin, le Front de Gauche estime indispensable de « repousser l’attaque frontale de la droite et du grand patronat contre notre système de retraites » ; selon l’alliance politique, « une défaite sur ce terrain serait dramatique en elle-même et affaiblirait notre résistance face aux offensives en cours ou en préparation contre nos autres conquêtes sociales ».

« Contre la cure d’hyper-austérité »

Estimant que « le Traité de Lisbonne est un instrument au service de l’accumulation du capital dans le cadre d’une concurrence féroce », le Front de Gauche établit un lien immédiat entre réforme des retraites et politique de rigueur. Il rappelle sa « solidarité avec les peuples européens qui se dressent contre cette cure d’hyper-austérité que les banques, les fonds d’investissement et spéculatifs veulent imposer avec l’appui des États, de l’Union Européenne et du FMI ». Selon le Front, « le grand capital cherche à faire payer aux peuples la crise de son système, derrière les expressions de « rigueur », de « lutte contre la gabegie », et de « compétitivité de notre économie ».

A l’occasion de cette rencontre, le Front de Gauche appelle à une « confrontation des points de vue », au « débat et à l’action pour exiger une réorientation de la construction européenne et de ses politiques… ».

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Avenir de la Sécurité Sociale et des retraites: regards croisés en Côte d’Or


"Une santé pour tous, à quel prix ?" : Marie-Josèphe Durnet-Archeray, praticien honoraire du CHU de Dijon, invitée du "Café Citoyen" de l'association Vivre Talant

"Une santé pour tous, à quel prix ?" : Marie-Josèphe Durnet-Archeray, praticien honoraire du CHU de Dijon, invitée du "Café Citoyen" de l'association Vivre Talant

Alors que Nicolas Sarkozy vient d’annoncer qu’il allait « mettre à contribution les hauts revenus et les profits du capital pour le financement des retraites », dans le cadre d’une réforme qu’il souhaite « boucler cet automne », Bourgogne 365 revient sur les grands principes fondateurs de la Sécurité sociale française, ses caractéristiques face aux systèmes étrangers, son évolution et les menaces qui pèsent sur elle.

Tandis que la crise économique actuelle semble se prolonger, le rôle d’ « amortisseur » social et économique de la Sécurité sociale prend une dimension particulière. Illustration de l’intérêt actuel pour le sujet, 2 évènements rassemblant un large public ont été consacrés à la question ces dernières semaines dans l’agglomération dijonnaise : un « Café Citoyen » organisé par « Vivre Talant », association liée au groupe municipal d’opposition (gauche) à Talant, sur le thème « Une santé pour tous : à quel prix ? », et une conférence proposée par le Cercle Gaulliste, sur le thème « Sécurité Sociale : le modèle de 1945 va t-il exploser ? »…

Conférence du Cercle Gaulliste "Sécurité Sociale: le modèle de 1945 va t-il exploser ?" avec Laurent Bourguignat, Cécile Caseau-Roche et Louis de Broissia

Conférence du Cercle Gaulliste "Sécurité Sociale: le modèle de 1945 va t-il exploser ?" avec Laurent Bourguignat, Cécile Caseau-Roche et Louis de Broissia

1945 : « Faire prendre en charge par la collectivité les risques auxquels les citoyens peuvent être confrontés »

Si dès 1893, la loi du 15 juillet institue une « assistance médicale gratuite pour tout français malade et privé de ressources », il faudra néanmoins attendre la Libération pour voir l’institution d’un véritable système de sécurité sociale moderne. Comme le rappelle Laurent Bourguignat (Président du Cercle Gaulliste), « la Sécurité sociale est une grande réalisation du Général de Gaulle. Le projet figurait dans le programme du Conseil National de la Résistance, et c’est le Gouvernement Provisoire qui a créé la Sécurité Sociale par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, puis par la loi du 22 mars 1946 instituant le régime général ».

2 systèmes principaux : Bismarck et Beveridge

Quel système choisir alors ? Fallait-il privilégier un principe corporatiste (rappelant un peu les dispositifs d’entraide professionnelle du moyen-âge) ou un système universel financé par tous ? Cécile Caseau-Roche, Maître de conférences à l’Université de Bourgogne, invitée par le Cercle Gaulliste, revient sur les deux systèmes qui pouvaient alors s’offrir à la France :
- celui dit « de Bismarck », basé sur des cotisations prélevées sur les salaires.
- celui dit « de Beveridge », assistanciel, fondé sur l’unité, l’uniformité et l’universalité des prestations.

Un large auditoire d'une soixantaine de personnes a participé activement au débat lors de ce "Café Citoyen" organisé par l'association Vivre Talant

Un large auditoire d'une soixantaine de personnes a participé activement au débat lors de ce "Café Citoyen" organisé par l'association Vivre Talant

Le système français, « hybride », s’inspire à la fois du caractère universel du système de Beveridge, mais privilégie un financement fondé sur le système de Bismarck. Laurent Bourguignat rappelle ainsi les grands principes de la Sécurité sociale française : l’obligation d’adhérer au régime, le financement par prélèvement sur les revenus du travail et la gestion paritaire par des représentants salariés et patronaux.

Un double système de santé public-privé

Marie-Josèphe Durnet-Archeray, pharmacienne, praticien honoraire du CHU de Dijon et Présidente de la Croix Rouge, invitée par Vivre Talant, souligne quant à elle les spécificités du système de santé français, un « double système public-privé, où le service public est assuré par des établissements de soins (hôpitaux) au personnel salarié, alors que dans les établissements de soins privés (cliniques), la clientèle paie le médecin à l’acte ». Marie-Josèphe Durnet-Archeray précise néanmoins que « même s’ils ne sont pas payés à l’acte dans le cadre du service public hospitalier, les médecins disposent de 2 demi-journées par semaine pour exercer une activité libérale depuis la loi Debré de 1958″. Elle ajoute que « l’hôpital représente en France 50% des dépenses de la branche santé de la Sécurité sociale »…

Captivé tant par l'approche historique que par l'enjeu social et politique de la Sécurité sociale, un vaste public a répondu à l'invitation du Cercle Gaulliste

Captivé tant par l'approche historique que par l'enjeu social et politique de la Sécurité sociale, un vaste public a répondu à l'invitation du Cercle Gaulliste

Et chez nos voisins ?

Contrairement aux idées reçues, le système britannique ne porte pas toujours la marque d’un libéralisme dominant. Ainsi Marie-Josèphe Durnet-Archeray précise qu’ « au Royaume-Uni (et généralement en Europe du nord), médecins et pharmaciens sont fonctionnarisés ». Sans porter de jugement direct sur leur efficacité, Mme Durnet-Archeray ajoute que « leurs services sont généralement ouverts de 9 heures à midi et de 14 à 16 heures, avec parfois de longues listes d’attente… ».

Pour sa part, l’Allemagne a choisi le système du médecin référent ; un hôpital ne peut ainsi accepter un patient qui ne serait pas allé voir au préalable son médecin. Mme Durnet-Archeray note que « malgré un certain manque de souplesse, cela permet peut-être parfois de désengorger les services d’urgences ».

USA : vers une couverture universelle ?

Enfin Mme Durnet-Archeray souligne qu’aux USA, les systèmes du Medicare (destiné aux personnes âgées en difficulté) et du Medicaid (pour la grande précarité) sont marginaux face à la prédominance des assurances privées. Chaque médecin américain étant conventionné par telle ou telle compagnie d’assurances, les patients ne peuvent ainsi consulter que les praticiens liés à leur assurance. Toutefois le système de santé américain évolue depuis peu ; Cécile Caseau-Roche mentionne la loi que l’administration démocrate de Barack Obama vient de faire voter (Health Care and Education Reconciliation Act 2010), et qui va « permettre de proposer une assurance maladie à 32 millions d’américains qui jusqu’à présent n’en bénéficiaient pas, dans un pays où la médecine est très onéreuse ».

4 branches, bientôt 5 ?

La Sécurité sociale française était initialement constituée de la branche maladie, de la branche vieillesse, des accidents du travail et des allocations familiales. Laurent Bourguignat rappelle que « ces différentes branches vont être séparées en 1967, lors d’une réforme destinée à faire face aux premières difficultés financières liées à l’allongement de l’espérance de vie et aux progrès médicaux ». Cécile Caseau-Roche précise par ailleurs que « si le système d’indemnités chômage n’a pas été mis en place au début, en 1945, c’est parce que le pays se trouvait à l’époque dans un contexte de reconstruction et de plein emploi ». Ainsi, c’est seulement en 1958 qu’est signé un accord national interprofessionnel mettant en place notre système d’assurance chômage, aujourd’hui géré par l’Unédic et Pôle Emploi (fusion de l’ANPE et des ASSEDIC).

Cependant la Sécurité Sociale pourrait bientôt se voir « pousser » une 5ème branche, avec la prise en charge de la dépendance des personnes âgées et handicapées. En 2010, on estime à plus d’un million le nombre de personnes dépendantes en France. La création de cette nouvelle branche viserait notamment à permettre aux personnes concernées de choisir librement de rester à domicile ou d’être accueillies en établissement. Louis de Broissia, 1er vice-Président du Conseil général de la Côte d’Or (également invité par le Cercle Gaulliste), estime que « la création de cette 5ème branche est nécessaire, car elle répond à un nouveau type de souffrance ». Selon lui, l’introduction de cette 5ème branche pourrait coûter 5 milliards d’euros, mais la question de la dépendance doit être prise directement en charge par la Sécurité sociale, alors que beaucoup d’assurés sociaux sont conduits à souscrire une assurance dépendance.

Menaces sur la Sécurité sociale

Ce n’est pas un scoop, et la presse nationale traite régulièrement du sujet depuis plusieurs décennies : le « trou de la Sécu » se creuse chaque année davantage. Notre système français, dont Marie-Josèphe Durnet-Archeray rappelle qu’il est « fondé sur la solidarité », est confronté à de nouveaux enjeux, et de nouvelles difficultés. Cécile Caseau-Roche pose d’emblée la problématique : « Dans quelle mesure ce système solidaire est-il menacé par des contingences socio-économiques ? ».

Contingences économiques d’abord, avec une nette aggravation des déficits : en moins de 10 ans, ils se sont multipliés par 10 (de 2 à 20 milliards d’euros). Le déficit de la branche maladie s’élève à 9 milliards, celui de la branche vieillesse à 7 milliards, les allocations familiales sont désormais également déficitaires de 2,5 milliards. Le « trou de la Sécu » pourrait même atteindre les 30 milliards en 2010.

Mutations socio-démographiques ensuite, avec l’augmentation de l’espérance de vie (qui progresse chaque année de 4 mois) et implique un vieillissement de la population : en 2050, on estime que sur 70 millions de Français, plus d’un tiers aura plus de 60 ans. Et comme le reconnaît Marie-Josèphe Durnet-Archeray, les personnes âgées coûtent nécessairement plus cher, consommant davantage de médicaments que la moyenne. Par ailleurs, conséquence du phénomène actuel du « Papy-Boom » (vagues massives de départs à la retraite de la génération issue du « Baby Boom » de l’après-guerre), d’ici 10 ans on comptera 1,5 actif pour un retraité, contre 4 actifs pour un retraité en 1945. Comment alors assurer l’équilibre ?

Des solutions souvent impopulaires

Parmi l’éventail des solutions destinées à assurer la pérennité de la Sécurité sociale, Cécile Caseau-Roche évoque la fiscalisation (même légère) du financement de la Sécu, avec la création de la CSG (Contribution Sociale Généralisée) en 1990, puis de la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) en 1996, qui, en lui apportant une nouvelle source de financement, représentent une brèche dans le modèle assuranciel de la Sécurité sociale (financée par des cotisations).

Par ailleurs, les initiatives destinées à maîtriser les dépenses de la branche santé sont souvent mal perçues, à l’image du ciblage des prestations (déremboursement de certains médicaments) ; Marie-Josèphe Durnet-Archeray relève le caractère parfois discutable de l’argument de l’inefficacité de certains médicaments, destiné à justifier leur déremboursement…

En matière de santé, se pose également la question générale de la responsabilisation : le principe du tiers payant (l’assuré social n’a aucune somme à avancer), est-il complice d’une certaine déresponsabilisation, en exonérant les assurés sociaux de la nécessaire prise de conscience de la valeur réelle des prestations ? Les franchises médicales (sommes déduites des remboursements de médicaments, d’actes paramédicaux et de transports sanitaires) et la participation forfaitaire de 1 € permettent t-elles de revaloriser le prix de la santé aux yeux des citoyens ?

Médicaments génériques : une solution imparfaite

Destinés à permettre à la Sécurité Sociale de réaliser des économies, les fameux « médicaments génériques » ne sont pas pour autant, selon Marie-Josèphe Durnet-Archeray, exempts de défauts : « Normalement, pour fabriquer un médicament, il faut compter de 7 à 10 ans de recherche avant l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Seulement, nombre de laboratoires qui fabriquent des médicaments génériques ne font aucune recherche ; grâce à des contraintes allégées, ils ne sont pas soumis aux mêmes contrôles que les médicaments d’origine. On annonce alors que le produit est le même et que seul l’emballage change. Mais si effectivement le principe actif reste le même, ce n’est pas toujours le cas de l’adjuvant. Malgré une certaine éthique médicale, l’industrie pharmaceutique oublie parfois que sa finalité est la santé ».

Retraites : des cotisations plus lourdes, plus longtemps ?

En matière de retraites, l’arithmétique semble plus simple : les variables principales sont d’une part l’augmentation des cotisations (donc des charges sociales), avec d’éventuelles conséquences sur l’emploi et la compétitivité de l’économie nationale, et d’autre part l’allongement de la durée de cotisation (donc le recul de l’âge légal de départ à la retraite), avec le mécontentement social et syndical qu’il implique.

Sans préconiser les choix japonais en matière de réformes, Louis de Broissia remarque néanmoins qu’au Pays du Soleil Levant, « au delà de 75 ans, les seniors doivent à nouveau cotiser au système de sécurité sociale, pour une part de remboursement des soins alors limitée à 70 % ». Une question cruciale pour ce pays où l’espérance de vie est parmi les plus longues au monde…

Par ailleurs, Louis de Broissia, favorable à une « harmonisation » entre les interventions sociales de l’Etat, des départements et des régions qu’il juge parfois « anarchiques » (une façon de soutenir l’actuelle réforme des collectivités territoriales ?), estime que « notre système de sécurité sociale n’est pas mort ni dépassé, mais perfectible ». Selon lui, il est « plus que nécessaire de le refonder, mais cette question reste éminemment politique : en 1945, le Général de Gaulle, du fait qu’il était le libérateur, avait la légitimité d’un rassemblement ». Le 1er vice-Président du Conseil général de la Côte d’Or s’interroge alors : « Trouvera t-on l’occasion de marquer une « pause » dans les querelles politiques pour faire triompher l’intérêt général ? ».

Un modèle en danger ?

Au-delà même de cette nécessité d’un consensus, le modèle français de Sécurité sociale peut-il se réformer sans renier ses principes fondateurs ? C’est la question posée par Laurent Bourguignat, qui, citant notamment « la création du ticket modérateur, celle du forfait hospitalier, la CSG qui ne frappe plus seulement les revenus du travail, et l’allongement de la durée de cotisation », se demande si tous ces aménagements, dont l’efficacité pour consolider notre système est loin d’être établie, ne nous conduisent pas à « rogner progressivement les grands piliers de la Sécurité sociale érigés en 1945″.

Un système garanti par le Droit

Néanmoins, devant les craintes d’une mise à mal du modèle français de Sécurité sociale par certains choix économiques et politiques, Cécile Caseau-Roche tient à rappeler que les principes mêmes de la Sécurité sociale sont garantis en France par le Droit, et notamment par le préambule de la Constitution de 1946 ainsi que par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Des textes intégrés à notre « Bloc de Constitutionnalité », qui occupent donc le sommet de la hiérarchie des normes en droit français et s’imposent au législateur, lequel ne peut théoriquement édicter de loi contraire à ces principes…

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Résultats 1er tour des Régionales : réactions de Claire Rocher (Lutte Ouvrière) et Joël Mekhantar (Bourgogne Citoyenne) AUDIO


Ecoutez Joël Mekhantar : « J’espère que la majorité restera à gauche »

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Ecoutez Claire Rocher : « Le véritable rapport de forces sera dans les luttes »

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Joël Mekhantar (tête de liste Bourgogne Citoyenne) et Claire Rocher (tête de liste Lutte Ouvrière)

Joël Mekhantar (tête de liste Bourgogne Citoyenne) et Claire Rocher (tête de liste Lutte Ouvrière)

Joël Mekhantar : « J’espère que la majorité restera à gauche »

S’il tient à remercier les électeurs ayant voté pour la liste « Bourgogne Citoyenne », dont il était à la tête, Joël Mekhantar reconnaît également que cette élection a été « difficile, dans un contexte où les gens étaient peu mobilisés » : « On a perdu énormément de voix, mais je ne pense pas qu’on les aurait retrouvées avec une participation équivalente à 2004 : on avait obtenu 17213 voix en 2004, on en fait 6641 en 2010 (NDLR : la liste « Bourgogne Citoyenne » a obtenu 1,29 % des suffrages). Ce résultat nous rend un peu tristes ».

Joêl Mekhantar regrette également que ce faible résultat « ne permette pas à la liste pour la Bourgogne Citoyenne de porter elle-même ses propres projets » : « On est désormais contraints à espérer que les autres entendront ce qu’on a dit ». Néanmoins il souhaite garder le souvenir « d’une expérience formidable et très enrichissante sur le plan humain et personnel », avec une liste « rassemblant des personnes de toutes conditions : des gens de gauche, des syndicalistes »…

« Un problème de visibilité »

Au delà de l’abstention, Joël Mekhantar déplore le manque de visibilité de sa liste durant la campagne du 1er tour : « Sincèrement, je ne pense pas que ce soit une question de programme, mais plutôt un problème de visibilité. La question de l’emploi est le coeur du sujet ; ne pas s’en préoccuper quand on a la compétence économique, ce qui est le cas de la région, c’est passer à côté du problème n°1 que rencontre la Bourgogne aujourd’hui ».

Ainsi Joël Mekhantar prévient : « Les problèmes que l’on a posés au cours de la campagne restent : les 92000 chômeurs n’ont pas disparu entre le premier et le second tour, pas plus que les 30000 personnes qui arrivent en fin de droit, sans parler des suppressions d’emplois qui sont dans les tuyaux pour nombre d’entreprises. La région devra s’attaquer sérieusement à ces problèmes, ainsi qu’au grand chantier de l’économie numérique avec le très haut débit dans les grandes villes ».

« On n’a pas avancé d’une case »

Joël Mekhantar déplore également « qu’à l’heure où les citoyens critiquent les partis, on en reste à une logique de simplification autour de 2 grandes forces politiques, la liste socialiste à gauche, et la liste UMP-Nouveau Centre à droite ». Remarquant que le Front National, « comme en 2004, est dans la possibilité de jouer une triangulaire », il estime que l’on n’a « pas avancé d’une case » : « C’est la même chose, mais avec un point inquiétant, la progression de l’abstention ».

Enfin s’il souhaite « qu’il y ait beaucoup plus de participation au second tour », Joël Mekhantar réaffirme son ancrage à gauche, précise qu’il « espère, pour sa part, que la majorité restera à gauche ». Un soutien que le Parti Socialiste saluera, mercredi 17 mars, lors de son meeting d’entre deux tours…

Claire Rocher : « Le véritable rapport de forces sera dans les luttes »

Tenant à « remercier tous les électeurs qui ont voté pour les listes Lutte Ouvrière », Claire Rocher reconnaît le caractère minotaire de sa formation politique, qui a recueilli 1,56 % des suffrages bourguignons : « On est une minorité à avoir ces idées là, mais on les a exprimées, en disant qu’on n’était plus dupes de l’alternance au pouvoir d’une coterie ou l’autre des politiciens traditionnels, qui finissent par mener la même politique au service des riches ».

Elections, piège à cons ? Sans l’affirmer avec autant de véhémence, Claire Rocher ajoute « ne plus croire que le rapport de forces soit à l’intérieur d’un Conseil régional, entre une majorité et une opposition. Ce rapport de forces est dans la société, entre le patronat qui nous fait payer la crise, et l’ensemble des salariés et travailleurs. Notre minorité aura beaucoup plus de poids dans les luttes qu’elle n’en a dans les élections et c’est ce qui comptera au bout du compte ».

Car selon Claire Rocher, « il y aura des luttes futures, ils vont nous y pousser : le véritable rapport de forces sera dans ces luttes. Il faudra imposer les objectifs qu’on a affirmés dans cette campagne : l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre tous sans diminuer les salaires en prenant sur les bénéfices des grandes entreprises. Mais pour cela, il faudra que les travailleurs contrôlent les comptes des grandes entreprises ».

Enfin, Claire Rocher explique le succès du Front National par un « dégoût à l’égard de la politique de Sarkozy d’une partie des électeurs, mais qui n’ont pas non plus envie du Parti Socialiste ; seulement cette droite xénophobe fait la même politique au service des riches, avec du racisme en plus »…

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Jean-François Kahn à Dijon : « Pour le MoDem, le problème n’est plus d’être au centre » (VIDEO)


http://www.bourgogne365.com/wp-content/uploads/2010/03/jean_francois_kahn_francois_deseille_modem_bourgogne365.flvBien que n’ayant pas directement pris part à ces élections régionales 2010, le journaliste et écrivain Jean-François Kahn (domicilié dans l’Yonne) a néanmoins apporté son soutien à plusieurs listes du MoDem, dont celle de François Deseille en Bourgogne, lors d’une réunion publique organisée mercredi 10 mars à Dijon, au Cellier de Clairvaux, en présence de Nathalie Griesbeck, députée européenne MoDem, et des trois têtes de liste départementales Isabelle Bonnicel (Nièvre), Jean Rapenne (Saône et Loire) et Pascal Henriat (Yonne).

« Aucune démagogie, seulement du concret »

Tenant à « marquer son amitié » pour François Deseille, Jean-François Kahn rappelle qu’il a déjà « partagé une bataille » avec le leader régional du MoDem, lors des européennes 2009 à l’occasion desquelles le journaliste et écrivain était tête de liste MoDem pour le Grand Est. Mais la principale motivation de ce soutien, selon Jean-François Kahn, réside dans la posture de François Deseille : « Aucune démagogie, mais seulement du concret, des propositions intéressantes et originales, à partir d’une véritable expérience du terrain ».

Par ailleurs, Jean-François Kahn relève que François Deseille n’a pas prononcé une seule fois le mot « centriste » : « Deseille a tout compris ; aujourd’hui, compte tenu du bouleversement considérable du monde, le problème n’est plus d’être au centre, car entre deux erreurs, le milieu n’est qu’une synthèse d’erreurs. Entre le résistant et le SS, la vérité n’est pas au milieu, elle est ailleurs, au-delà : si cette position a pu avoir un sens, par rapport à une gauche étatiste et engluée dans son dogme, et à une droite ultra-libérale, il faut aujourd’hui tout recomposer, parce que c’est un monde neuf ».

« La mission des journalistes, c’est de dire quand on nous ment »

Rappelant son parcours de journaliste et de directeur de publication, Jean-François Kahn déplore une certaine « dérive » du journalisme : « La mission des journalistes, c’est de dire quand on nous ment. Lors des Européennes, plutôt que de faire des grands discours de propagande, nous avons organisé des réunions pour expliquer la crise financière. Mais certains politiques ont dit que l’on pourrait ramener les déficits de 10% à 3% du PIB (soit 100 milliards d’euros) en quatre ans, sans impôts nouveau, ni politique de rigueur ! Si les journaux avaient fait leur boulot en disant ce qui n’allait pas et devait être corrigé, ils auraient eu plus d’influence sur le Président, qui se serait amélioré et serait dans une meilleure position aujourd’hui. On ne rend pas service à ses propres idées quand par lâcheté on n’ose plus dire ce que l’on devrait dire ».

Jean-François Kahn s’élève ensuite contre la position « d’opposant » choisie par l’UMP, alors que le parti présidentiel dirige le pays : « Certes, au-delà du gouvernement, la crise est en grande partie responsable de l’augmentation du chômage et des déficits, mais pouvait-on imaginer un jour que les candidats de l’UMP oseraient dire que les responsables du chômage sont les présidents socialistes de régions ? Que Sarkozy, qui a tous les pouvoirs, s’empare des derniers contre-pouvoirs qu’il n’a pas (les régions), n’est pas souhaitable. Mais il ne faut pas non plus que ce contre-pouvoir soit d’une seule couleur, et il est important d’y intégrer de la diversité et de la différence ».

« Adapter les formations aux besoins des entreprises »

Pour sa part, François Deseille, tête de liste régionale du MoDem en Bourgogne, revient sur plusieurs points de son programme, dont il précise qu’il a été construit « avec des gens qui sont experts dans leurs domaines : santé, université, développement économique ». Selon François Deseille, « la première action à réaliser est un audit des besoins des entreprises en matière d’emploi, car si ces dernières nous disent qu’elles sont prêtes à embaucher, elles ont en revanche des difficultés pour trouver des personnes qualifiées : la priorité est donc d’adapter les formations aux besoins des entreprises, et ce dès le lycée en orientant les élèves dans cet objectif ».

Constatant les difficultés des jeunes à obtenir des stages, « première étape vers l’emploi », François Deseille avance l’idée, proposée par les Jeunes Démocrates, d’un « portail électronique du stage, pour qu’un jeune de la Nièvre, par exemple, puisse trouver plus facilement un stage dans l’Yonne ».

Priorité aux PME, TPE et artisans

Rappelant que la Bourgogne a perdu 30 000 emplois en un an et que 150 000 personnes y vivent dans la précarité, François Deseille affirme que c’est d’abord en soutenant les PME, TPE et artisans que l’emploi pourra être aidé : « 80% de l’emploi privé en Bourgogne est pris en charge par des entreprises de moins de 10 salariés. Leur principale difficulté est que les banques ne leur donnent pas les lignes de crédit suffisantes, ce qui occasionne de plus en plus de difficultés de trésorerie. La Région doit créer un fonds de cautionnement pour aider les entreprises à passer ce cap difficile qu’est la crise ».

Le TER à un euro

Enfin François Deseille souhaite « aider la mobilité, notamment des jeunes, au niveau des transports en TER » (compétence du Conseil régional) : « Comment inciter les gens à prendre le TER quand on se rend compte qu’un aller-retour Dijon-Nevers coûte 60 euros, et même 72 euros pour Dijon-Sens ? » D’où la proposition du MoDem de créer une « Carte Jeunes » permettant d’obtenir un billet de TER pour un euro.

Mais toutes ces propositions ne doivent pas, selon le leader régional du Mouvement Démocrate, faire oublier l’importance de la bonne gestion des deniers publics : c’est ce qu’il appelle la « MoDem Touch », cette volonté des élus démocrates de rester « soucieux de la maîtrise budgétaire dans toutes les collectivités où ils sont présents »…

Régionales 2010 : Jean-François Kahn et Nathalie Griesbeck avec François Deseille et les têtes de liste départementales du MoDem en Bourgogne

Régionales 2010. Jean-François Kahn et Nathalie Griesbeck (députée européenne) avec les têtes de liste MoDem en Bourgogne (de g. à d.) : Pascal Henriat (Yonne), François Deseille (tête de liste régionale), Isabelle Bonnicel (Nièvre) et Jean Rapenne (Saône et Loire)

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