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Cantonales 2011 : suspense… seulement en Côte d’Or (2 VIDEOS)


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Même si la mandature issue de cette élection sera limitée à trois ans, jusqu’à la mise en place en 2014 des conseillers territoriaux remplaçant à la fois les conseillers généraux et régionaux, l’enjeu de ces cantonales 2011 n’en est pas moins crucial : à un an du grand rendez-vous présidentielles-législatives de 2012, et après un scrutin régional 2010 à l’allure d’un vote-sanction, le camp présidentiel compte bien « sauver les meubles », en maintenant au moins les majorités issues des cantonales de 2008 (où la droite avait perdu 9 départements, conservant 43 conseils généraux contre 58 pour la gauche, sur un total de 101 départements).

En Bourgogne, peu de surprises à l’horizon dans la Nièvre et dans l’Yonne

L’UMP semble assurée de conserver une nette majorité dans l’Yonne où 22 cantons sur 42 sont renouvelables en mars 2011. L’actuel Président du Conseil général, Jean-Marie Rolland (UMP – Union pour l’Avenir de l’Yonne), élu pour la première fois dans le canton de Vermenton en 1992, visera un quatrième mandat. A noter : l’ambition affichée par le Front National d’obtenir un siège au Conseil général, celui du canton de Sens sud-est, avec la candidature du Conseiller régional Edouard Ferrand, suppléé par Maria De Kinderen (aux cantonales de mars 2004, le tandem avait obtenu 23,80 % des voix au premier tour, puis 21,72 % lors d’une triangulaire au second tour).

Dans la Nièvre, où 16 cantons sur 32 sont renouvelables, le PS reste indéboulonnable, malgré une progression régulière de la droite à Nevers, et le départ de l’actuel Président du Conseil général. En effet, l’ancien député et sénateur socialiste Marcel Charmant, élu à Nevers-est, n’est plus candidat à sa succession. Un renouvellement des responsables socialistes nivernais qui se poursuit, après la démission de l’ancien Maire de Nevers, Didier Boulaud…

Saône et Loire : Montebourg renforcé ?

En Saône et Loire (28 cantons renouvelables sur 57), où la majorité départementale a plusieurs fois basculé en 30 ans, la gauche ne semble pas menacée (disposant de 38 sièges contre 19 à la droite), et pourrait poursuivre sa progression initiée depuis 1998, notamment sur les cantons de Givry ou Sennecey le Grand. Malgré certains cantons dits « fragiles » pour la gauche (Beaurepaire en Bresse, Cuiseaux, Mâcon-Centre et Mâcon-Sud) , et une « morosité » locale dénoncée même par certains élus socialistes sur fond de coupes budgétaires, l’actuel Président du Conseil général Arnaud Montebourg, qui annonçait en janvier sur France-Inter qu’il ne se représenterait pas aux législatives en 2012, devrait ainsi conserver la présidence du département.

Côte d’Or : une élection sensible

« La Saône et Loire bougonne, la Côte d’Or rayonne » ; si la phrase amuse certains proches de François Sauvadet, l’heure est néanmoins à l’inquiétude dans les rangs de la majorité UMP – Nouveau Centre du Conseil général de Côte d’Or. La majorité ne peut en effet s’appuyer que sur un seul siège d’avance, obtenu en 2008 grâce au ralliement tardif de Marc Frot, alors conseiller général MoDem de Baigneux-les-Juifs, en contrepartie du départ de Louis de Broissia (UMP) de la Présidence, au profit du centriste François Sauvadet (NC). Marc Frot, ayant depuis rejoint le Nouveau Centre, a ainsi confirmé son appartenance au groupe majoritaire.

L’enjeu est donc de taille pour la gauche qui avait cru voir son heure arriver en 2008. Il l’est sans doute encore davantage pour la droite, qui compte bien conserver ce département traditionnellement favorable. L’attention se cristallise maintenant sur les quelques cantons susceptibles de confirmer ou de renverser la majorité. Parmi les 21 cantons renouvelables (sur les 43 que compte le département), seuls quelques-uns semblent susceptibles de basculer, mais essentiellement en faveur de la droite.

Les cantons à surveiller

Ainsi, se fondant sur son large succès aux municipales de 2008 à Auxonne, certains observateurs pronostiquent une victoire de Raoul Langlois dans le même canton. Plus timidement, on parle aussi d’un retour à droite des cantons de Nuits Saint Georges, Arnay le Duc et même Is sur Tille.

Autre canton-clef : Montbard, que François Sauvadet a d’ailleurs choisi pour présenter officiellement sa liste « Initiatives Côte d’Or » et donner le coup d’envoi de sa campagne, le 21 janvier. Le Président du Conseil général compte sur Laurence Porte pour ravir le canton à Robert Grimpret, élu du Parti Radical de Gauche.

Forces en présence

Le Maire PRG de Moutiers Saint Jean, Robert Grimpret, élu du Groupe Forces de Progrès (opposition départementale) depuis 1998, est candidat à sa propre succession, sa suppléante étant Christelle Silvestre, maire PS de Montbard (malgré l’opposition de Patrick Molinoz, maire de Venarey les Laumes et secrétaire départemental du PRG). A sa gauche, Robert Fourgeux sera également candidat, pour le Parti Communiste. Enfin, Bruno Diano (VOIR NOTRE VIDEO) représente le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

A droite, alors que le projet de candidature du Maire d’Eringes Fabienne Lépy ne semble pas se concrétiser, Laurence Porte (VOIR NOTRE VIDEO) reste l’unique candidate. En tout état de cause, cette dernière est la seule à avoir obtenu l’investiture de la majorité départementale conduite par François Sauvadet. Enfin, le Front National ne semble pas (pour l’instant) devoir déclarer de candidat dans le canton.

Place aux jeunes ?

Si un point commun semble rapprocher Laurence Porte (Nouveau Centre) et Bruno Diano (Parti de Gauche), c’est bien la motivation et l’énergie qu’ils déploient lors de cette campagne. Face aux deux « Robert » (Grimpret et Fourgeux), les deux candidats affichent un dynamisme volontaire, au rythme de leurs réunions et déplacements dans tout le canton. Et surtout, l’ambition de gagner cette élection.

Un horizon dégagé pour Laurence Porte ?

Pour la Conseillère municipale d’opposition de Montbard, l’heure est à l’optimisme : forte d’une image jeune et énergique, Laurence Porte mène sur le terrain une campagne dynamique, avec une présence permanente de part et d’autre du canton. La candidate affirme qu’elle « adhère totalement au bilan global de la présidence de François Sauvadet à la tête du Conseil général », insistant sur les valeurs qu’elle partage avec le Président du département, valeurs qu’elle définit comme une « subtile alliance entre la solidarité et la liberté ». Elle qualifie François Sauvadet « d’homme de réflexion et d’action, le seul capable de tirer le département vers le haut ».

Concrètement, Laurence Porte affirme qu’elle privilégiera les dépenses d’investissement, les besoins sociaux et la protection environnementale. Selon elle, « les maires sont en droit d’attendre que leur conseiller général vienne à eux régulièrement pour exposer son travail, et les réunisse autour d’une table pour discuter de la faisabilité de tel ou tel projet et pour réfléchir ensemble à la juste et cohérente répartition des aides, sans choix partisan ». Enfin, Laurence Porte revient sur un des projets phares du Conseil général : « 2011 est une grande année pour l’aménagement du territoire de la Haute Côte d’Or avec l’ouverture du MuséoParc d’Alésia ».

Bruno Diano : l’élection de trop pour Robert Grimpret ?

Pour sa part, Bruno Diano, habitué des manifestations et luttes sociales, revendique également une forte présence sur le terrain, et considère que le candidat sortant Robert Grimpret est « à la traîne, élu depuis très longtemps ». Le candidat du Parti de Gauche dénonce la « surreprésentation importante du PRG qui ne représente que 2 % des voix et dispose de cinq élus à l’Assemblée départementale », jugeant la situation « injuste et choquante, quand on sait que le Front de Gauche, qui représentait aux dernières élections, européennes puis régionales, 6 à 7 % des voix, n’a aucun représentant en Côte d’Or ».

Un PCF qui « regarde dans le rétroviseur »

Quand au candidat du PCF Robert Fourgeux, Bruno Diano est également sévère : « Le PCF s’accroche à des bastions passés et il regarde trop dans le rétroviseur au lieu d’aller de l’avant avec ceux qui étaient prêts à faire une union sincère et véritable ». Le Maire de Crépand critique également l’absence sur le terrain du candidat communiste : « Une campagne comme celle des cantonales ne se décide pas à la dernière minute en faisant du porte à porte dans les quinze derniers jours ; cela demande des mois, voire des années de travail, où il faut aller de village en village. C’est l’exemplarité de ce qu’on fait tous les jours depuis des années, comme c’est mon cas à Crépand depuis 21 ans en tant que Maire ».

« Quand on veut gagner, comme moi, une élection cantonale ne se prépare pas à la dernière minute » ; Bruno Diano souhaite « représenter la gauche sociale et aussi écologique », sans oublier son « coeur de cible » : « Il y a ici un milieu relativement modeste, assez pauvre, avec 1700 emplois industriels qui ont besoin d’être soutenus comme je l’ai fait lors du mouvement pour les retraites ».

Une alliance possible avec le PS

Si, faute de pouvoir représenter une union de toutes les gauches, Bruno Diano pense qu’il pourrait représenter le Front de Gauche à ces élections, le candidat n’exclut pas non plus une alliance avec le PS : « J’ai de très grands amis au PS, puisque j’en viens. Si j’étais en 2ème position au 1er tour, j’appelerais à soutenir le candidat de gauche arrivé en tête, comme je l’ai toujours fait. J’ai peut être des ambitions plus sociales ou plus environnementales, mais chacun son programme, et que le meilleur gagne »…

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Réforme territoriale, communautés de communes ou d’agglomérations, services en ligne: les communes sont-elles menacées?


Réforme territoriale, communautés de communes ou d'agglomérations, services en ligne: les communes sont-elles menacées? Les maires de Bourgogne réagissent

Réforme territoriale, communautés de communes ou d'agglomérations, services en ligne: les communes sont-elles menacées? Les maires de Bourgogne réagissent

« Les 36 000 communes pourraient disparaître au profit de « super-communes », au nombre de 6 ou 7000, dont les édiles seraient élus au suffrage universel » ; la menace n’est en réalité qu’une proposition, extraite du rapport rendu en 2008 par la « Commission pour la libération de la croissance française » présidée par Jacques Attali. Mais dans ce territoire français qui est le plus morcelé de toute l’Union Européenne, l’initiative s’inscrit dans un contexte plus général de « ringardisation » du département et de la commune, échelons jugés « conservateurs et ruraux » face à des collectivités prétenduement plus modernes : l’Europe, la région et -surtout- les communautés urbaines, d’agglomérations et de communes.

Un processus presque irréversible

Ces dernières, en effet, bénéficient au gré des évolutions législatives (dont la dernière réforme des collectivités territoriales) d’un cadre de plus en plus favorable et d’un champ de compétences sans cesse étendu. Si, en vertu de ces principes, l’entrée d’une commune au sein d’un de ces EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) est franchement encouragée, le processus est ensuite quasiment irréversible (notamment au nom de la « continuité territoriale » : pas d’enclave au sein d’une Communauté), tout comme les transferts de compétences des communes au profit de ces communautés.

Au départ, le principe semble valable. Présentée comme « la structure idéale pour une coopération sincère et efficace afin de penser un véritable projet global de développement d’un territoire », une intercommunalité peut concentrer sur une zone de son territoire des moyens que ne peut mobiliser une commune, par exemple pour la création de zones de développement économique. Compétences d’élaboration et de création, mais aussi de gestion. Ainsi la loi dispose que les Communautés d’agglomération exercent leurs compétences en termes de développement économique, d’aménagement de l’espace communautaire, d’équilibre social de l’habitat, de transport urbain… Mais elle peuvent également prendre en charge d’autres domaines comme la voirie, l’assainissement, l’eau potable, l’environnement et l’action sociale, les équipements culturels et sportifs…

La Bourgogne n’échappe pas à cette tendance de regroupement, et comporte de nombreuses communautés de communes (souvent rurales), cinq communautés d’agglomération (Grand Dijon, Grand Chalon, ADN Agglomération de Nevers, Mâconnais – Val de Saône, Beaune Côte et Sud et bientôt Auxerre) et une communauté urbaine (le plus haut degré de coopération intercommunale), la CUCM, Communauté Urbaine Creusot-Montceau. Communautés des villes, communautés des champs : des enjeux différents. Cependant, à l’intérieur de chaque collectivité et au-delà des clivages politiques, les sentiments des élus à l’égard de l’intercommunalité vont de l’enthousiasme à la franche hostilité.

« On a l’impression d’être pieds et poings liés »

Les citadins bourguignons s’y sont habitués au gré des évolutions de leurs réseaux de transports en commun, de leurs services de voierie ou à la lecture des magazines édités par cette entité désormais incontournable : la Communauté d’agglomération est partout. Mais ce qui choque certains, c’est l’omnipotence, en son sein, de la ville-centre ; Françoise M., habitant Châtenoy-le-Royal (commune du Grand Chalon), nous confie : « On a élu une mairesse de droite (NDLR : Marie Mercier, UMP), pour finir avec une « com’ d’agglo » dont le Président est Christophe Sirugue, maire socialiste de Chalon. Et maintenant, même le DGS (Directeur Général des Services) est le même à la Ville de Chalon et au Grand Chalon (NDLR : Bruno Romoli). C’est Chalon qui prend les décisions politiques, et Chalon encore qui les met en oeuvre. On a l’impression d’être pieds et poings liés ». Un sentiment partagé par certains au sein du Grand Dijon (avec la même configuration politique), où la Ville et la Communauté d’agglomération partagent le même patron (François Rebsamen) et le même DGS (Philippe Berthaut).

Néanmoins, si face à cette emprise grandissante (qui parfois s’étend jusqu’à la distribution de l’énergie électrique) certaines mairies pestent régulièrement (« bientôt ils nous imposeront la couleur des lampadaires et les horaires de la bibliothèque ! »), le ton général est d’abord au consensus : il faut dire que les communautés, notamment urbaines, doivent se limiter (en théorie) à un « débat intercommunal apolitique ». Mais l’entente sera toujours plus facile quand, à l’image de l’Agglomération de Nevers, l’ensemble des municipalités font (presque) toutes partie du même camp.

« Pas de dogme, mais plutôt un usage, une pratique »

Chalon, Dijon : des communautés dirigées par la gauche, mais avec des communes de droite… Au sein du Grand Dijon, si certains esprits chagrins font remarquer que le tramway ne desservira que des localités… socialistes, la « minorité visible » UMP reste plutôt optimiste : Gilbert Menut, maire UMP de Talant, Conseiller général et Vice-Président du Grand Dijon, ne voit pas de danger imminent pour l’avenir de sa commune, et préfère aborder la question des compétences au cas par cas : « Pas de dogme, mais plutôt un usage, une pratique. Tout dépend du sujet traité : par exemple, les aménagements et services structurants comme les transports en commun relèvent d’un projet communautaire, tandis que l’action sociale et les animations de quartier font partie du projet municipal ». Bref, l’intérêt général avant tout.

En revanche, pour les mairies rurales de Bourgogne, l’avenir semble plus incertain ; ainsi Bruno Diano, maire (Parti de Gauche) de Crépand (Côte d’Or, canton de Montbard), note que « la réforme encourage le rapprochement des communes au sein de Communautés de communes sur la base du volontariat, mais que les plus petites d’entre elles, celles de moins de 400 habitants, pourraient devoir se regrouper ». En attendant, le Maire de Crépand (340 habitants) a su s’adapter au fonctionnement de la Communauté de communes du Montbardois : « C’est à moi de fédérer les élus et les citoyens qui ne sont pas d’accord pour contrer certains projets ». Ainsi récemment, Bruno Diano est parvenu à « torpiller » le projet de financement par la Communauté d’un programme de bateaux touristiques électriques exploité par un particulier…

« La réforme est mal engagée »

Plus ardent, Bruno Bethenod, maire d’Arceau (canton de Mirebeau-sur-Bèze) et représentant en Côte d’Or de l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF), rapporte que « bien des maires ont l’impression qu’à Paris, les Jacobins ne veulent plus d’élus locaux responsables qui prennent de véritables décisions ». Pour lui, « la réforme est mal engagée ». Il regrette déjà le système d’intercommunalité par les syndicats (SIVU à vocation unique et SIVOM à vocations multiples) qui selon lui « marchait très bien » : « On se mettait ensemble dans un syndicat sur la base du volontariat, pour une ou plusieurs compétences, et le budget était géré par les communes membres, le syndicat rendant des comptes devant les conseils municipaux ».

Quant aux arguments budgétaires, Bruno Bethenod voit plutôt dans ces regroupements une source de nouvelles dépenses : « Aujourd’hui une élite intellectuelle nous annonce que pour porter des projets intercommunaux, il faudra que les Communautés de communes lèvent elles-mêmes l’impôt. Demain, la Communauté de communes du Mirebellois ne formera peut-être plus qu’une seule commune, mais pour réaliser une économie dérisoire. La commune d’Arceau, c’est seulement 22 heures de secrétariat par semaine ! Tous les dossiers (3 ou 4 réunions par semaine), je les traite avec mes adjoints : on ne coûte rien ! Le jour où on va nous remplacer, quel sera le coût de ces fonctionnaires territoriaux ? Le système allemand est désigné comme un modèle, mais la situation s’est largement dégradée outre-rhin depuis la crise, car leurs collectivités connaissent des difficultés financières pires que les nôtres… ».

« C’est devenu l’affaire de l’autre »

Pour le maire d’Arceau, qui siège avec trois de ses Conseillers municipaux à la Communauté de communes du Mirebellois, le fonctionnement communautaire reste flou et impersonnel pour les citoyens : « La Communauté de communes peut voter une hausse d’impôts de 14% sans même se demander quelles seront les conséquences au niveau des municipalités. Plus personne n’est responsable de ces décisions ; c’est devenu l’affaire de l’autre ». Un sentiment partagé par Catherine, secrétaire de mairie dans une commune rurale de la Nièvre : « Je suis entre le marteau et l’enclume. Les élus me disent toujours la même chose : « Ce n’est plus à nous de gérer, c’est à la Communauté de communes ». Que dire aux administrés qui attendent des services ? »

Plus optimiste, Jean-Claude Lemaire, Président de l’association départementale des maires ruraux de l’Yonne et maire de Joux-la-Ville (canton de L’Isle-sur-Serein) ne voit pas le regroupement de communes comme un « risque », « si le scénario de fusion ou de commune nouvelle correspond à des logiques de développement, c’est-à-dire à une cohésion géographique avec des projets et des finances ». Jean-Claude Lemaire accepte le principe d’une fusion de Joux-la-Ville avec d’autres communes « dans le cadre d’une commune nouvelle, pour assoir ses capacités de développement dans une cohérence de territoire ».

L’intercommunalité au suffrage universel direct ou indirect ?

Les Conseillers siégeant au sein des Communautés sont élus au suffrage universel indirect ; en effet, ce sont les Conseils municipaux des communes concernées qui choisissent ceux qui iront les représenter à l’intercommunalité. Toutefois, ces dernières années, pour répondre au « déficit démocratique » régulièrement reproché aux intercommunalités, un projet d’élection des Conseillers communautaires au suffrage universel direct a été évoqué, afin notamment de « redonner aux citoyens les moyens de réagir aux décisions prises ». Autre argument, l’indépendance des intercommunalités par le suffrage universel direct sonnerait le glas de la mainmise des grosses communes sur les petites au sein de ces établissements. Mais cette fois, la levée de boucliers des élus locaux a été déterminante, comme le confirme Bruno Bethenot : « Si on n’avait pas rué dans les brancards, ils auraient instauré l’élection au suffrage universel, hors les conseils municipaux ».

Un point également déterminant pour Gilbert Menut, qui estime « qu’élire les intercommunalités au suffrage universel direct serait revenu à tuer les Conseils municipaux ». De son côté, Jean-Claude Lemaire tient à distinguer le projet global qui selon lui nécessite un modèle communautaire doté de compétences réelles et opérationnelles, de la démocratie locale qui « implique ou concerne davantage les services qui eux doivent rester au plus près des citoyens ».

Finalement, la réforme des collectivités confirmera le choix du suffrage universel indirect, mais avec un aménagement nouveau : lors des élections municipales, les candidats des listes municipales pressentis pour aller siéger en intercommunalité seront « marqués », c’est-à-dire pré-désignés sur les listes. Les électeurs sauront donc, en élisant un Conseiller municipal, qui ira siéger à la Communauté. Une initiative, souligne Gilbert Menut, « que la ville de Talant avait inauguré de son propre chef en 2008 par souci de transparence ».

Internet : instrument de désertification ou de diversification ?

Catherine, secrétaire de mairie dans la Nièvre, s’inquiète… d’abord pour son emploi : « Avec tous les services Internet actuels ou à venir, de la demande de formulaires ou de renseignements à la consultation du cadastre, on sent bien que l’Etat souhaite instituer un contact direct avec les administrés, en se passant de cet intermédiaire qu’est la Commune ». Mais les élus ne semblent pas partager cette crainte. Gilbert Menut se réjouit même de l’arrivée de ces nouvelles technologies : « Pour le coup, vive le progrès ! Il faut sortir nos services de leur vieux train-train. Par exemple, un tiers des factures adressées par la mairie aux Talantais sont désormais réglées par prélèvement automatique ; c’est un tiers d’écritures en moins ». Un enthousiasme partagé par les maires ruraux, comme Bruno Bethenod : « Il faut vivre avec son temps ; tout ce qui peut faciliter les tâches administratives, ça libère du temps pour autre chose, car de toute façon on a beaucoup de choses à faire ». Se débarrasser d’une partie du travail administratif, une opportunité pour se concentrer sur l’essentiel, selon Jean-Claude Lemaire : « C’est plus pratique, et les Communes prennent alors tout leur sens en matière de solidarité de moyens et de connaissance par rapport au public décalé ou inadapté ».

Malgré les changements liés à l’élection dès 2014 des « Conseillers territoriaux », et alors que l’opposition brandit le spectre de la faillite des institutions locales depuis la suppression de la taxe professionnelle, la simple évocation de la disparition de certaines communes suscite de telles réactions, que l’on peut d’emblée se rassurer sur leur avenir. Pour souligner encore l’importance de la démocratie locale, empruntons cette conclusion à un spécialiste Dijonnais d’Histoire contemporaine, Renaud Busenhard, qui constatait en 2000 que « l’on admet communément l’importance politique des très petites entités et des très grosses », regrettant que les échelons intermédiaires n’intéressent décidément personne…

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« L’univers singulier d’Andrée et Jean Moiziard »: une tache sombre dans l’univers de Buffon?


Une exposition qui vous cloue le bec, même si les contribuables montbardois n'y ont laissé que peu de plumes (400 euros de budget total)

Une exposition qui vous cloue le bec, même si les contribuables montbardois n'y ont laissé que peu de plumes (400 euros de budget total)

Si l’oeuvre de Buffon était l’un des principaux centres d’intérêt de ces Journées du Patrimoine des 18 et 19 septembre à Montbard, les visiteurs du Musée de l’Ancienne Orangerie auront pu remarquer, face à l’héritage du célèbre naturaliste du siècle des Lumières, une expression artistique un peu plus… obscure.

Un héritage scientifique et artistique

En cette cathédrale du souvenir dédiée à Buffon, François Nédellec, conservateur du Musée, s’évertue à donner avec tout son talent plusieurs conférences improvisées pour un public avide de connaissances, nous faisant traverser l’histoire du site à travers les siècles. Ici se côtoient une grande partie des objets ayant appartenu au naturaliste, sculptures en buste et en pied. Se découvre aussi, dans un décor contemporain, tout ce que la ville de Montbard a hérité de patrimoines multiples, de dimension nationale voire universelle (d’autres sites au coeur du parc renferment les traces des travaux de Buffon et Daubenton, également natif de Montbard).

Ceci n'est pas un poisson d'avril : sa décomposition est plus ancienne encore... L'Univers Singulier d'Andrée et Jean Moiziard. Photos : Michel Dor

Ceci n'est pas un poisson d'avril : sa décomposition est plus ancienne encore... L'Univers Singulier d'Andrée et Jean Moiziard. Photos : Michel Dor

Dans cet espace de l’Orangerie, l’oeil du visiteur contemplera également le « Globe Bleu » de Yves Klein, caractérisé par un revêtement sur résine synthétique, d’un pigment mat, intense, lumineux. Une pièce exceptionnelle, d’un bleu aussi lumineux que le bleu du ciel, qui fera l’objet d’une marque déposée : I.K.B. (International Klein Blue).

« L’Univers Singulier » : comme son nom l’indique

Mais le Musée Buffon est suffisamment vaste pour accueillir également des expositions temporaires. Ainsi, depuis le 3 juillet jusqu’au 10 octobre 2010, la Ville de Montbard, dans le cadre de sa politique culturelle, propose gratuitement un espace dédié à « l’Univers Singulier d’Andrée et Jean Moiziard ».

Visage humain et oiseau plumé parmi les éléments composant cette inquiétante sculpture issue de L'Univers Singulier d'Andrée et Jean Moiziard

Visage humain et oiseau plumé parmi les éléments composant cette inquiétante sculpture issue de L'Univers Singulier d'Andrée et Jean Moiziard

Là, c’est le choc. On passe brutalement du bleu lumineux d’Yves Klein (dont plusieurs exemplaires sont exposés aux Etats-Unis, notamment à New-York et San Francisco) à l’obscurité d’Andrée et Jean Moiziard… En ce dimanche des Journées du Patrimoine, les critiques pleuvent ; le choc pour certains est violent. Il est vrai que l’aspect de cette exposition temporaire est plutôt lugubre, conduisant certains visiteurs à parler de vision « lunaire ». D’autres, plus acides, feront un rapprochement avec « la Boucherie Humaine », exposition en vitrine rue Edme Piot (notre article).

« Mode d’emploi » : extraits

Prise de recul nécessaire ? Après avoir recueilli les propos des auteurs Andrée et Jean Moiziard, François Nédellec aura en effet pris soin de fixer une documentation sur papier à disposition du public. Morceaux choisis de cette présentation à lire au second degré, pour mieux cerner ce théâtre d’ombres.

Les visiteurs du Musée Buffon trouveront-ils que ce corbeau a un corps beau ? L'Univers Singulier d'Andrée et Jean Moiziard

Les visiteurs du Musée Buffon trouveront-ils que ce corbeau a un corps beau ? L'Univers Singulier d'Andrée et Jean Moiziard

« Comme de vieux anars, ils sont ailleurs… en dehors des lignes directrices mais avec leur logique propre. Ils sont toujours entre deux univers. Les Moiziard, ou l’impuissance, le malaise, l’incompétence, la quasi-impossibilité de transposer dans un musée, quelque peu aseptisant par nature, cette atmosphère carnivore, joyeuse et ponctuée d’humour. L’utilisation d’ossements d’animaux – et peut être d’humains – permet de passer de la relique païenne à la vanité humoristique. Malgré tout, l’oeuvre des Moiziard est ambiguë, instable voire dérangeante.

Chez les Moiziard, les oeuvres ne se contemplent pas. Elles sont à regarder furtivement… en passant. Andrée et Jean s’inscrivent dans un art non officiel… sans doute plus marginal, plus secret, moins ostentatoire.

"Chez les Moiziard, les oeuvres ne se contemplent pas. Elles sont à regarder furtivement... en passant" (François Nédellec, conservateur)

"Chez les Moiziard, les oeuvres ne se contemplent pas. Elles sont à regarder furtivement... en passant" (François Nédellec, conservateur)

Intuitivement, nous ressentons qu’il n’est pas possible de s’immerger dans cet espace de vie artistique. Des toiles et variantes de sculptures où ne reste qu’à chacune une parcelle de lumière venue des ténèbres ou de notre pupille. Les cimaises devront s’accrocher ! »

Une « éluGubration » de trop ?

Bien que le budget de cette exposition soit modeste (environ 400 euros), la municipalité montbardoise aurait pu se passer de ce non-évènement dit « culturel ». Alors que la polémique sur l’exposition de la « Boucherie Humaine » avec ses cadavres et ses pièces détachées humaines n’est pas encore désamorcée et que ces temps d’après-crise pourraient appeler une gestion plus complaisante, les visiteurs des musées de Montbard devaient-ils être interpelés par ce rassemblement d’objets plus proches de la mort que de la vie ?

"L'Univers Singulier d'Andrée et Jean Moiziard", au Musée Buffon de Montbard du 3 juillet au 10 octobre 2010. Entrée gratuite

"L'Univers Singulier d'Andrée et Jean Moiziard", au Musée Buffon de Montbard du 3 juillet au 10 octobre 2010. Entrée gratuite

Puissent les prochaines sélections artistiques, qui seront retenues pour le printemps, redonner un peu d’optimisme et rappeler que la vie est aussi une recherche du bonheur…

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Rentrée sociale : la gauche ne bat pas en « retraite » (VIDEO)


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« S’il y a quelque chose à attendre au niveau des mouvements sociaux, c’est à la rentrée. Ce projet de réforme des retraites est profondément injuste et je vois difficilement les choses se tasser » : faisant allusion le 13 juillet à Alain Juppé qui se disait « droit dans ses bottes » peu avant les grandes grèves de 1995, Frédéric Ravenet, conseiller municipal PS de Montbard, souhaite visiblement maintenir la pression sur le gouvernement malgré la fermeté affichée par le Président de la République Nicolas Sarkozy, qui déclarait récemment que « beaucoup de monde dans la rue ne le ferait pas reculer » et que « le calendrier de cette réforme serait maintenu ».

La CGT mène le cortège à Montbard lors de la manifestation du 7 septembre, avec des revendications allant au-delà de la lutte contre le projet de réforme des retraites

La CGT mène le cortège à Montbard lors de la manifestation du 7 septembre, avec des revendications allant au-delà de la lutte contre le projet de réforme des retraites

« Un projet de loi inique et injuste »

Estimant que « le Président s’est laissé emporter dans une espèce d’arrogance qui agace un peu tout le monde », Frédéric Ravenet juge néanmoins le résultat de la manifestation du 13 juillet 2010 « plutôt décevant », mettant cette faible participation sur le compte de la période estivale ainsi que du « manque de conjonction entre syndicats, partis politiques et associations ».

En revanche, Bruno Diano (maire de Crépand et représentant du Parti de Gauche) préfère afficher une certaine unité entre les organisations : « On a réussi à se mettre d’accord entre le Parti Socialiste, le Parti de Gauche, le Parti Ouvrier Indépendant et le Nouveau Parti Anticapitaliste, ainsi qu’avec des associations comme ATAC, pour demander le retrait de ce projet de loi inique et injuste ».

Les slogans sont nombreux pour rappeler l'attachement des manifestants à la retraite à 60 ans, contre le projet porté par Nicolas Sarkozy, François Fillon... et surtout Eric Woerth

Les slogans sont nombreux pour rappeler l'attachement des manifestants à la retraite à 60 ans, contre le projet porté par Nicolas Sarkozy, François Fillon... et surtout Eric Woerth

La négociation… ou le retrait

Revenant sur le succès des manifestations précédentes, le maire de Crépand prévient : « Le Président, qui fait preuve d’une mégalomanie incommensurable et commet une erreur grave à ne pas écouter les gens en difficulté, devrait s’occuper de ce qui se passe dans la rue, parce que le mécontentement monte, tout comme le nombre de manifestants, passé de 600 000 à 2 millions entre le 1er mai et le 24 juin 2010″. Enfin, Bruno Diano estime que « si le projet de loi n’est pas amendable (le gouvernement avait précisé que l’âge de 62 ans pour le départ à la retraite ne serait pas négociable), il faudra aboutir à son retrait (…) d’autant qu’il a été déposé de manière vicieuse la veille d’un 14 juillet ».

Un avertissement que confirme Edith Danry, représentante du Parti Ouvrier Indépendant : « Bien que ce soient les vacances, le gouvernement continue à avancer. Nous on n’est pas d’accord, et on veut manifester notre volonté de voir ce projet de réforme des retraites retiré ».

Christelle Silvestre, maire socialiste de Montbard, présente lors de la manifestation du 7 septembre 2010 contre le projet de réforme des retraites porté par l'UMP

Christelle Silvestre, maire socialiste de Montbard, présente lors de la manifestation du 7 septembre 2010 contre le projet de réforme des retraites porté par l'UMP

Cigales ou fourmis ?

Réalités économiques contre nécessités sociales : le débat ne date pas d’hier, mais le contexte de ce reportage, tourné à Montbard (Côte d’Or) en donne une illustration particulière : la ville de Montbard, suite à une gestion précédente que certains qualifieront de « débridée », hérite il y a trois ans d’une municipalité socialiste. Devant l’ampleur du gouffre financier, la nouvelle municipalité est contrainte de geler ses projets d’investissements, de réduire les dépenses de fonctionnement, d’augmenter les impôts locaux de 10%… Pas question d’emprunter ou de négocier un redéploiement de la dette : toutes possibilités de rallonge ont été épuisées par la précédente municipalité. C’est donc une mairesse socialiste, Christelle Silvestre, qui aura le courage de faire passer un plan de rigueur et de faire consentir des sacrifices à bon nombre de citoyens…

Bruno Diano, maire de Crépand (21) et représentant du Parti de Gauche, lors de la manifestation du 7 septembre 2010 contre le projet de réforme des retraites

Bruno Diano, maire de Crépand (21) et représentant du Parti de Gauche, lors de la manifestation du 7 septembre 2010 contre le projet de réforme des retraites

Un combat perdu d’avance ?

A l’heure où les agences de notation scrutent chaque action budgétaire du gouvernement et où l’ensemble des Etats européens réajustent leurs équilibres financiers et taillent dans leurs dépenses, les organisations syndicales et les partis d’opposition pourront-ils mettre en échec cette réforme des retraites ? Quelle que soit l’impopularité du projet, le gouvernement semble tenir bon. Et si la mesure est à contre-courant des enquêtes d’opinion, l’UMP pourrait présenter cette réforme comme un modèle de courage politique. A l’image d’un certain François Mitterrand, en 1981, qui avait voulu passer au-delà des sondages pour abroger la peine de mort…

Slogan intergénérationnel pour la CFTC, également présente à la manifestation du 7 septembre 2010 contre la réforme des retraites

Slogan intergénérationnel pour la CFTC, également présente à la manifestation du 7 septembre 2010 contre la réforme des retraites

Epilogue illustré

7 septembre 2010. Bien que n’ayant pas entamé la volonté du gouvernement (le Premier ministre François Fillon exclura dès le lendemain toute nouvelle concession, déclarant que « lâcher autre chose, ça veut dire ne plus assurer le financement des retraites »), le rendez-vous à une marche de contestation sur le thème du retrait du projet de loi de réforme des retraites fait le plein. Un peu plus de 1.300 manifestants ce 7 septembre à Montbard, contre mille le 24 juin 2010. On retrouve toute la force mobilisatrice des principaux syndicats ouvriers, dont la CGT qui se taille la part du lion. En second plan, tous les représentants des partis politiques d’opposition, représentés à l’Assemblée Nationale ou pas. En second plan, parce que la lutte contre le départ en retraite à 62 ans se veut avant tout une action syndicale unitaire (photos).

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Pétition pour une cantine scolaire halal à Talant: Gilbert Menut rappelle les « principes de l’école républicaine et laïque » (VIDEO)


http://www.bourgogne365.com/wp-content/uploads/2010/06/cantine_halal_ecole_prevert_talant_grand_dijon_gilbert_menut_bourgogne365.flvDécision municipale, question nationale : après plusieurs tentatives marginales et infructueuses, une nouvelle étape a été franchie il y a quelques jours dans la revendication de repas halal au sein du restaurant scolaire de l’école Prévert, dans le quartier du Belvédère à Talant (Côte d’Or). C’est ainsi qu’un père de famille, dont la démarche est soutenue par une pétition, a interpellé Gilbert Menut (Maire de Talant, Conseiller général de la Côte d’Or, Vice-président du Grand Dijon), lors d’une réunion de parents d’élèves…

Une décision qui pourrait faire école

Cinq ans après l’affaire de Villefranche-sur-Saône (Rhône), dont la Mairie avait menacé d’exclure de la cantine les enfants refusant de manger de la viande au motif qu’elle n’était pas halal (suscitant une vive réaction du MRAP qui avait qualifié la situation « d’atteinte aux droits de l’enfant et aux droits de l’homme »), la question prend cette fois une tournure plus sereine. Néanmoins, ayant la charge des restaurant scolaires (comme toutes les communes), la Ville de Talant a dû trancher : elle ne servira pas de repas halal à ses écoliers.

« Une laïcité compréhensive »

S’il tient à « relativiser un peu l’importance de la revendication, qui n’émanait pas de tous les parents présents à la réunion » et à « laisser les choses dans le contexte tout de même assez paisible et tranquille du quartier », Gilbert Menut ne compte pas toutefois abandonner « les principes qui prévalent dans une école républicaine et laïque » : « Personnellement, je suis favorable à une laicité compréhensive, pas anti-religieuse, mais une vraie laïcité tout de même, qui fasse la place à tout le monde, qui respecte tout le monde, y compris les différentes religions, ainsi que ceux qui nont pas de religion du tout. Mon principe, c’est de respecter la liberté de chacun avec un peu de place pour ses propres convictions ».

Illustration de cette « laïcité compréhensive » : comme nombre de communes, Talant a banni le porc de ses cantines scolaires, « pour éviter les difficultés et être sûr que les enfants puissent manger ». Mais Gilbert Menut, s’il estime que « ce geste ne fait de difficulté pour personne », reconnaît que « d’autres enfants pourraient très bien estimer qu’ils ont droit à de la viande de porc ».

« On ne peut normaliser complètement les repas des uns et des autres »

Quoi qu’il en soit, pour le Maire de Talant, « il est important, dans ce genre d’affaires, d’avoir des positions précises » : « Vouloir normaliser complètement les repas des uns et des autres n’est pas possible. On ne peut répondre à tous les critères des différentes religions ou de divers groupes, comme par exemple des végétariens qui ne voudraient pas de viande du tout ». Gilbert Menut rappelle également que la diversité alimentaire est un des principes du restaurant scolaire : « On souhaite que les enfants puissent goûter à tout ».

Face à l’évocation d’une présence islamiste parfois assez revendicative au sein du quartier (potentiellement à l’origine de la pétition, organisée selon certains « en douce à la sortie de l’école »), le Maire de Talant privilégie l’apaisement et le dialogue : « La pétition est un moyen très neutre et ordinaire de revendiquer et de manifester son opinion ; les familles qui ont signé cette pétition sont dans un cadre tout à fait démocratique et républicain. Il est normal de leur apporter des réponses, dans un esprit tolérant, posé, au sein d’un quartier qui n’est pas l’objet d’agitation ou de tensions très fortes à l’heure actuelle ».

« Les principes brutaux ne sont pas réellement applicables »

Plus largement, cette problématique s’inscrit dans un contexte général de questionnement sur notre société, notamment après le fameux « débat sur l’identité nationale ». Et force est de constater que les positions modérées de la Mairie de Talant sont pour le moins éloignées des postures idéologiques marquées, et des déclarations passionnées entendues de part et d’autre. Peut-être parce que les collectivités locales sont logiquement amenées à faire ce choix du dialogue et de l’apaisement : selon Gilbert Menut, « si on rappelle les principes, on essaie de les mettre en oeuvre de manière équilibrée et modérée, car les principes brutaux ne sont pas réellement applicables… ».

Débat sur l’identité nationale : « On confond tout »

Un « débat sur l’identité nationale » dont Gilbert Menut juge la tournure « surprenante » : « On confond tout : alors que l’on se prétend dans un état laïc, on tente de réduire, à tort, le problème de la nationalité à un choix de religion. On a également parlé des valeurs de la République, mais la République et la France ne sont pas la même chose : on peut être fervent républicain et pas chaud français, et vice-versa. C’est aussi une liberté que la République doit assumer pour chacun. Les anglais, sujets de la Reine, sont-ils moins citoyens que les français ? Le vrai problème, c’est celui de la nation, qui ne se réduit pas au régime qui l’organise… ».

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« Boucherie Humaine » rue Edme Piot à Montbard (21) : les images


"Boucherie Humaine" rue Edme Piot à Montbard : un pied humain pané à un prix au kg très abordable...

"Boucherie Humaine" rue Edme Piot à Montbard : un pied humain pané à un prix au kg très abordable...

« Y’en a un peu plus, j’vous l’mets quand même ? » Cette fois, l’expression coutumière des bouchers et autre commerçants n’aura pas fait l’unanimité à Montbard (Côte d’Or). Pourtant, la marchandise n’était pas avariée, et il ne s’agissait pas non plus de viande de chien ou de chat. Mais la raison de cette relative méfiance de la part des passants montbardois est plus singulière encore : il se trouvent devant la vitrine de la première Boucherie Humaine « au détail ».

"Mou de fumeur" à la "Boucherie Humaine" rue Edme Piot à Montbard : fumer provoque des maladies graves...

"Mou de fumeur" à la "Boucherie Humaine" rue Edme Piot à Montbard : fumer provoque des maladies graves...

Une boucherie dans une boucherie

Au cœur du centre-ville, la Mairie de Montbard est en effet propriétaire d’une friche immobilière sans caractère. Situé rue Edme Piot, ce « pied de nez » dans la ville comporte en son rez de chaussée une ancienne boucherie. Cet espace désaffecté depuis près d’une décennie ne pouvait, avant de mourir, qu’accueillir un évènement hors du commun. C’est chose faite depuis ce 11 juin 2010, à 12 heures exactement.

Un commerce comme tous les autres en plein centre-ville de Montbard...

Un commerce comme tous les autres en plein centre-ville de Montbard...

Une « Installation d’Art contemporain »

Ce thème de la « Boucherie Humaine », apparu pendant la première guerre mondiale, est aujourd’hui décliné à travers une exposition temporaire destinée à bousculer notre regard face aux nouvelles tueries et aux guerres d’aujourd’hui. Cette œuvre contemporaine, un découpage « boucher » de corps humains reconstitués, est signée de l’artiste et concepteur Fabien Ansault.

Architecte d’intérieur, graphiste et designer, diplômé en Arts appliqués de l’Ecole Duperré de Paris, Fabien Ansault œuvre dans son atelier de Chamesson, au bord de la Seine, en Côte d’Or. Sculpteur, il n’hésite pas à mélanger matière et matériaux, afin de donner à ses créations un caractère curieux, fantastique, quitte à choquer.

Certains anciens habitués de la boutique ont-ils tenté par mégarde de pousser la porte de la "Boucherie Humaine" ?

Certains anciens habitués de la boutique ont-ils tenté par mégarde de pousser la porte de la "Boucherie Humaine" ?

« Dénoncer sans complaisance par la provocation visuelle »

« Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple » : la citation de Rosa Luxembourg (1871 – 1919), reprise pour la circonstance, donne le ton de cette exposition qui tente, au risque de heurter le passant de la rue Edme Piot, « de dénoncer sans complaisance par la provocation visuelle ce que l’homme a de plus bas dans son instinct de prédateur accompli ».

Boucherie Humaine, arrivages inhumains : chacun appréciera le catalogue...

Boucherie Humaine, arrivages inhumains : chacun appréciera le catalogue...

A Montbard, c’est à la fois du nouveau, et du plein format. En apportant une « vision décalée et irrévérencieuse dans notre quotidien que l’horreur est toujours prête à se reproduire, pour ne pas répéter à nouveau les « plus jamais ça ! » de l’Histoire », cette installation « militante » cherche à « faire réfléchir » le citoyen confronté à des images de guerres sans nom, de crimes organisés et d’assassinats civils, « à l’heure où la télévision sature les temps de cerveau disponibles avec les nouvelles des conflits présents en permanence sur la planète… ».

La "Boucherie Humaine", rue Edme Piot à Montbard, n'oublie pas les amateurs de viande rouge...

La "Boucherie Humaine", rue Edme Piot à Montbard, n'oublie pas les amateurs de viande rouge...

Premières réactions

Si la Mairie de Montbard (également partenaire de l’évènement) n’était pas joignable lors de nos sollicitations, en revanche les réactions du grand public ne se sont pas faites attendre. Sur ce point, l’objectif annoncé, « interpeller l’œil, susciter la curiosité, les regards et les questionnements », a pleinement été atteint. Il est vrai que chacune et chacun, vu l’impressionnant réalisme de l’oeuvre, a pu reconnaître une partie de sa propre anatomie. Un sentiment saisissant, autre réussite de cette installation plastique contemporaine par Fabien Ansault.

« Maman, pourquoi ils montrent ça ? »

Néanmoins, les premières impressions recueillies sont plutôt éloignées du témoignage du concepteur de l’exposition. Faute de communication et d’explications affichées (ces dernières sont seulement apparues le lendemain, 12 juin), les témoins, de tous âges, ont d’abord qualifié l’évènement de « provocant », de « choquant », voire de « scandaleux » et même d’ « écoeurant » : un véritable choc culturel, pour les plus jeunes enfants comme pour ce couple de touristes britanniques de passage en Bourgogne, qui n’a pas manqué de qualifier l’oeuvre de « shocking »…

"Ne pas répéter à nouveau les "plus jamais ça !" de l’Histoire" : une mission illustrée par cette citation de Rosa Luxembourg en 1914

"Ne pas répéter à nouveau les "plus jamais ça !" de l’Histoire" : une mission illustrée par cette citation de Rosa Luxembourg en 1914

Laurence Porte : « De l’Art ou du Cochon » ?

Réaction politique enfin… mais de la part de l’opposition : Laurence Porte, Conseillère municipale, précise « n’avoir absolument pas eu connaissance de ce projet ni de son inauguration dans le cadre de ses fonctions au Conseil municipal », et dénonce un « choix non débattu » de la municipalité de Montbard. C’est donc en « citoyenne lambda » qu’elle a découvert l’œuvre de Fabien Ansault, dont elle salue la qualité artistique et technique.

Revenant sur le message humaniste porté par l’exposition et sur sa référence à la boucherie de la guerre 14-18, Laurence Porte éprouve à la fois une « fascination » pour l’oeuvre, et un certain « malaise », d’un point de vue scientifique, devant l’existence, bien réelle, « d’expériences humaines pratiquées dans des laboratoires d’horreur comme celui du tristement célèbre nazi, le docteur Josef Mengele ». La Conseillère municipale fait également référence « aux empilements de crânes des cambodgiens assassinés par les Khmers rouges ou plus récemment au génocide à la machette au Rwanda ».

Si elle admet que cette Boucherie Humaine « peut se concevoir tel un cabinet de curiosités comme l’aurait apprécié Buffon », Laurence Porte s’interroge néanmoins sur l’utilité de cette vitrine, notamment en termes de communication : « Si la municipalité veut y exposer un projet politique clairement défini, alors la logique veut qu’elle ne cautionne pas toute fabrication de pièces d’armement dans les usines de Montbard ; mais c’est nettement plus difficile que d’avancer avec le bouclier de l’artiste engagé ! ».

Exposition « La Boucherie Humaine », par Fabien Ansault, du vendredi 11 juin au vendredi 31 décembre, à l’ancienne boucherie rue Edme Piot à Montbard (Côte d’Or).

Reportage : Michel Dor

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Miss France : le Comité Miss Bourgogne choisit Endemol… et TF1


Jenna Tournay, élue Miss Bourgogne 2009 à l'âge de 19 ans, originaire de Talant (Côte d'Or)

Jenna Tournay, Miss Bourgogne 2009, originaire de Talant (Côte d'Or)

Alors que Sylvie Tellier (directrice générale de la Société Miss France) et son équipe s’apprêtent à dévoiler, mercredi 2 juin à l’hôtel de Crillon (Paris), leur nouveau découpage régional (avec une présentation des délégués régionaux et de la nouvelle carte des élections qualificatives pour le titre de Miss France), le conflit entre Geneviève de Fontenay et le groupe audiovisuel Endemol (qui détient la Société Miss France depuis 2002) est loin d’être enterré.

Après avoir claqué la porte de la société Miss France suite à la participation de Kelly Bochenko (ex-Miss Paris 2009, destituée de l’élection Miss France suite à la publication par Entrevue de photos sexuellement explicites) à la « Ferme Célébrités » (produite par Endemol), Geneviève de Fontenay s’est employée à créer un nouveau comité, le « Comité Geneviève de Fontenay », afin d’organiser dès 2011 un concours parallèle. Alors qu’Endemol compte bien se prévaloir de la clause de non-concurrence signée par Geneviève de Fontenay (et valable jusqu’en 2016), les deux clans fourbissent leurs armes, négociant de part et d’autre avec des comités régionaux pressés de choisir leur « camp ».

Les régions ont en effet le choix de rallier soit Endemol, soit le clan De Fontenay (mère et fils). Et il semblerait qu’une majorité privilégie l’option Endemol, et donc… la diffusion de la « soirée électorale » sur TF1. Parmi elles, la Bourgogne (qui a déjà réalisé ses présélections de candidates pour la Nièvre et l’Yonne, et s’apprête à faire de même en Saône et Loire le 6 juin à 14 h à l’hôtel Ibis Europe de Chalon-sur-Saône, puis en Côte d’Or le 27 juin à 14 h à l’hôtel de la Cloche à Dijon) souhaite ainsi conserver le label officiel « Miss France ». Retour sur une « affaire classée » avec Yves Roger, vice-Président du Comité Miss Bourgogne, et premier « bilan de mandat » avec Jenna Tournay, Miss Bourgogne 2009…

Bourgogne 365 : Geneviève de Fontenay accuse la société Endemol d’avoir « dévoyé l’élection annuelle de la plus belle Française ». En choisissant de travailler avec ce groupe audiovisuel, le Comité Bourgogne a t-il préféré les « cochonneries » de la Ferme Célébrités à la magie et l’élégance traditionnelles de Miss France ?

Yves Roger : « Loin de là ! Nous étions jusqu’à présent attachés au Comité Miss France présidé par Geneviève de Fontenay, lorsque sa rupture avec la Société Miss France nous a mis au pied du mur. Nous avons dû faire un choix responsable ; ce qui compte, c’est l’avenir du Comité Miss Bourgogne. Les jeunes filles rêvent de faire quelque chose de sensationnel. On veut que celle qui sera élue gagne un beau voyage, soit médiatisée sur TF1, participe à des concours internationaux et puisse surtout porter l’écharpe Miss France, qui représente notre pays.

Or, Geneviève de Fontenay ne pourra plus décerner ce titre de « Miss France », car seule la Société Miss France est détentrice de la marque depuis son rachat en 2002 par le groupe Endemol. Malheureusement, les jeunes filles qui iraient avec Geneviève de Fontenay se retrouveraient dans une voie de garage. Je me mets à la place d’une jeune fille comme Jenna Tournay ; devenue Miss Bourgogne, elle irait ensuite au concours de Geneviève et Xavier de Fontenay, recevrait une écharpe de leur comité, et tout s’arrêterait alors ?

365 : La « Dame au Chapeau », qui organisait l’élection Miss France depuis 1954, annonce qu’il y aura en décembre « deux élections nationales, celle d’Endemol pour les candidates qui n’ont pas de gêne, et celle de son nouveau comité, pour les candidates qui ont de la dignité ». Qu’est-ce que cela vous inspire ?

YR : Jenna est notre 18ème Miss Bourgogne. Quand certaines des autres filles élues les années précédentes, dont certaines sont mariées et ont des enfants, ont entendu Geneviève de Fontenay dire cela, elles ont été outrées. Chacun sait que Sylvie Tellier respecte scrupuleusement la charte Miss France, et nous avons obtenu suffisamment de garanties avec elle. D’ailleurs, au moment de l’affaire de la publication des photos par Entrevue, Geneviève de Fontenay et Sylvie Tellier ont pris ensemble, et sur le champ, la décision de destituer Kelly Bochenko. Mais une fille qui choisit de nous mentir, ça peut arriver à tout le monde, à Geneviève de Fontenay comme à nous.

En ce qui nous concerne, nous n’avons pas directement affaire à Endemol mais à la société Miss France ; qu’Endemol fasse venir Kelly Bochenko à la « Ferme Célébrités » n’est pas notre problème. D’autre part, il ne faut pas oublier que Geneviève et Xavier de Fontenay ont choisi en 2002 de vendre le concept Miss France à Endémol. A ce moment-là, ils ne nous ont pas demandé notre avis ! Pour tenir totalement les rênes de ce concours, il ne fallait pas vendre. Néanmoins, je dois dire qu’en cas de départ de Geneviève, nous n’aurions pas eu envie de travailler par la suite avec Xavier de Fontenay.

365 : Sonia Rolland, ancienne Miss Bourgogne puis Miss France, a fait la démarche de soutenir Geneviève de Fontenay dans ce conflit. Elle précise qu’elle a eu « la chance d’être entourée, protégée et conseillée par Geneviève de Fontenay, ce qui l’a sauvée durant l’année 2000 et dans ses choix professionnels depuis 10 ans », et ajoute que « la provocation est le fonds de commerce d’Endémol ». Entre Sonia Rolland et le Comité, la Bourgogne est divisée sur la question ?

YR : Sonia Rolland a été élue Miss Bourgogne en 1999 puis Miss France en 2000 ; c’était l’époque ou Geneviève de Fontenay avait totalement la main sur l’organisation Miss France. Geneviève de Fontenay a choyé Sonia Rolland, qui n’en a gardé qu’un bon souvenir, même si elle n’imaginait pas alors que le concept serait vendu à Endemol dès 2002. Je comprends sincèrement la réaction de Sonia. C’est une personne que j’apprécie, et que je soutiens notamment dans son combat pour le Rwanda. Il est tout à fait normal qu’elle fasse l’éloge de Geneviève de Fontenay. Mais dix années se sont écoulées depuis son élection…

365 : L’actuelle Miss France, Malika Ménard, semble subir quelques « dommages collatéraux » de ce conflit, avec certains déplacements annulés, comme celui qui était prévu le 8 mai à Caen. Est-ce que le Comité Miss Bourgogne fait également les frais de cette guerre parisienne ?

YR : Absolument pas. Au niveau de la Bourgogne, aucune manifestation en présence de Jenna Tournay n’a été annulée et pas un seul partenaire ne nous a quitté. La gagnante parmi les douze candidates sélectionnées qui participeront à l’élection de Miss Bourgogne le 1er octobre à Chalon-sur-Saône (salle Marcel Sembat), sera ensuite présente en décembre à l’élection de Miss France 2011, qui s’intitulera bien ainsi et restera diffusée sur TF1. Pour la future Miss Bourgogne, rien ne changera, sauf la patronne ! Mais je dois aussi préciser que TF1 devrait « mettre le paquet » cette année, en médiatisant certainement davantage les candidatures régionales.

365 : Jenna Tournay, vous avez été élue Miss Bourgogne l’année dernière à l’âge de 19 ans. Comment vivez-vous les mois de « troubles » que vient de traverser l’institution Miss France ?

Jennay Tournay : Il est évident que cette situation aura un impact sur la prochaine élection nationale, qui sera la première à se dérouler sans Geneviève de Fontenay. Régulièrement, lors de manifestations où je suis présente, de nombreuses personnes me posent d’ailleurs des questions quant à l’évolution de Miss France. Mais cette affaire n’aura pas eu de réelles conséquences en région, et au final Miss France restera la même institution. De plus, Sylvie Tellier partage les mêmes valeurs que Geneviève de Fontenay.

365 : A l’heure des bilans, qu’est-ce qui aura changé dans votre quotidien depuis votre élection au titre de Miss Bourgogne ?

JT : Auparavant, je participais déjà à des défilés de mode et autres évènements. Ce qui a changé, c’est juste que je suis un peu plus sollicitée maintenant, notamment pour des salons comme celui du mariage, ainsi que de nombreuses manifestations. Je trouve cette notoriété plutôt agréable, d’autant plus qu’ayant fait beaucoup de théâtre, j’ai l’habitude de la scène et ne connais pas le trac !

365 : Pendant toute une année, vous assurez également la promotion de la Bourgogne. Quels sont pour vous les symboles forts de la région ?

JT : Pour des gens extérieurs à la région, c’est naturellement la gastronomie qui ressort le plus : le vin, les escargots, le boeuf bourguignon… On me parle aussi parfois des Ducs de Bourgogne. Mais notre région a bien d’autres atouts à mettre en valeur !

365 : Vous êtes originaire de Talant, dans l’agglomération dijonnaise. Depuis que vous êtes Miss Bourgogne, est-ce que quelque chose a changé dans le regard des autres quand vous vous promenez dans les rues de Dijon ?

JT : Non, le regard des gens n’a pas tellement changé, mais toute l’agglomération dijonnaise ne sait pas que je suis Miss Bourgogne ! Cela dit, il m’arrive d’être mal à l’aise, et certaines filles sont parfois jalouses. Mais je retiendrai surtout que cette expérience m’a permis de rencontrer beaucoup de gens intéressants, dans des domaines très variés. Je dois également dire que contrairement à ce que l’on raconte, ce n’est pas la guerre dans les coulisses de Miss France ! Et Geneviève de Fontenay s’est montrée très gentille.

365 : Vous êtes assez proche de Malika Ménard, l’actuelle Miss France. J’imagine que vous discutez « projets ». Quels sont les vôtres, à la fin de votre « mandat » de Miss Bourgogne ?

Oui, Malika et moi sommes assez proches, et nous étions ensemble il y a seulement quelques heures. Il faut dire que l’on n’habite pas loin l’une de l’autre à Paris. Evidemment, on se raconte tout, et nous partageons ainsi nos expériences. Mais pour ma part, je compte reprendre mes études dès septembre. Après avoir obtenu mon baccalauréat, j’avais en effet rejoint une école de marketing, avant de tout interrompre cette année. Continuer mes études est désormais pour moi un impératif ; il faut garder les pieds sur terre… ».

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Loi sur le voile intégral. Julien Mariller, UMP: « Défendre les valeurs de la République et la dignité de la femme ».


Julien Mariller, étudiant, Conseiller départemental de l'UMP de Côte d'Or et Conseiller national des Jeunes de l'UMP

Julien Mariller, étudiant, Conseiller départemental de l'UMP de Côte d'Or et Conseiller national des Jeunes de l'UMP

« Nul ne peut porter une tenue destinée à dissimuler son visage dans les services publics, les lieux ouverts au public et dans la rue » ; préparé par la Ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie, le projet de loi sur la question du « voile intégral » examiné et approuvé par le Conseil des ministres mercredi 19 mai, prévoit en effet que les contrevenantes s’exposent à une amende de 150 euros et/ou un stage de citoyenneté visant à « rappeler les valeurs républicaines ». En outre, maris ou concubins obligeant leurs compagnes à se voiler seront aussitôt sanctionnables (un an de prison et 15 000 euros d’amende).

Nicolas Sarkozy : « La dignité ne se divise pas »

Pour marquer l’importance qu’il accorde à cette question de société, c’est par une déclaration forte que Nicolas Sarkozy a ouvert ce Conseil des ministres : « Nous sommes une vieille nation rassemblée autour d’une certaine idée de la dignité de la personne, en particulier de la dignité de la femme (…) le voile intégral qui dissimule totalement le visage porte atteinte à ces valeurs, pour nous si fondamentales, si essentielles au contrat républicain ». Le Président de la République, estimant que « la dignité ne se divise pas », conclut qu’il ne pouvait y avoir « d’autre solution que l’interdiction dans tout l’espace public ».

Jean-Christophe Cambadélis : « La France n’est pas menacée par une vague islamiste »

Si la résolution parlementaire initiale avait été adoptée à la quasi unanimité le 11 mai par l’Assemblée nationale, le texte proposé mercredi est, en revanche, loin d’emporter l’adhésion générale. Ainsi Martine Aubry, première Secrétaire du Parti Socialiste, accuse la majorité d’essayer « d’opposer les gens entre eux pour éviter de parler des autres sujets », ajoutant que « dans les autres pays, ils nous prennent pour des cinglés avec ces débats sur le voile intégral ». Au PS, de nombreuses voix dénoncent une « manœuvre politicienne », tel Jean-Christophe Cambadélis, pour qui « la France n’est pas menacée par une vague islamiste »…

Parmi les personnalités politiques régionales engagées dans ce débat, Julien Mariller, étudiant, Conseiller départemental de l’UMP Côte d’Or et Conseiller national des Jeunes de l’UMP, a choisi d’exprimer son soutien au projet de loi. Un dispositif que François Fillon portera visiblement jusqu’au bout, étant même « prêt à prendre des risques juridiques ». Le texte sera débattu par les députés en juillet, puis par les sénateurs début septembre…

Bourgogne 365 : Certains reprochent au gouvernement de « flirter » avec le Front National et craignent une stigmatisation de la communauté musulmane de France. Craignez-vous qu’un nouveau fossé soit creusé parmi la population ?

Julien Mariller : « Au contraire, il s’agit d’éviter la stigmatisation d’une partie de la population. Le voile intégral prive les femmes qui le portent de toute intégration sociale. Il ne faut pas le banaliser. En tant qu’être humain, je ne peux pas accepter qu’une personne soit ainsi paralysée, au détriment de son propre épanouissement. Ce n’est pas une question d’immigration mais plutôt d’intégration, d’autant plus que généralement, les personnes concernées possèdent la nationalité française.

Par ailleurs, il faut refuser l’instrumentalisation politique de la religion. Il ne faut pas céder devant les extrémistes qui obligent les femmes à porter le voile intégral. Comme l’a rappelé le Président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui, la burqa ou le niqab ne sont pas des prescriptions religieuses. Ils ne sont mentionnés dans aucun verset du Coran, et ne sont même pas autorisés lors du pèlerinage de la Mecque, pour des raisons de sécurité.

365 : selon une note du ministère de l’Intérieur datée de début juillet 2009, seules 367 femmes porteraient le voile intégral en France. D’autres études évoquent 300 à 2000 personnes. Pourquoi légiférer sur une situation apparemment si marginale ?

JM : Ce qui compte, c’est moins le nombre en valeur absolue que l’augmentation et la concentration dans quelques zones urbaines. Mais c’est surtout une question de principe : même si cela n’impliquait qu’une seule personne, cela concernerait quand même l’ensemble de la société française. Quand un commerçant ou un employé d’un organisme public ne peuvent pas voir le visage d’une personne, ils sont concernés…

365 : Retour à Dijon. Dominique de Villepin, lors d’un déplacement dans la cité des Ducs, a déclaré qu’il « eût été préférable de défendre l’idée d’une interdiction dans les seuls services publics », et qu’une interdiction générale risquerait de nous « entraîner dans un cycle de provocation et de nouvelles répressions ». Le Conseil d’Etat est également favorable à une limitation de la régle à « certains lieux et certains moments ». Enfin Jean-Paul Delevoye (Médiateur de la République et maire UMP de Bapaume, Pas-de-Calais) se demande « comment on va faire avec les Saoudiennes qui viennent acheter sur les Champs Elysées ». Est-ce qu’une interdiction dans tout l’espace public n’est pas excessive ?

JM : L’interdiction du voile intégral sur l’ensemble du domaine public est nécessaire. Si on l’autorise dans certains lieux, alors la loi ne sera pas correctement appliquée. Imaginez, hormis dans la sphère privée, que le voile soit autorisé du côté d’une porte, et pas de l’autre ! Si une loi est votée au parlement, elle doit s’appliquer partout et pour tous : quand Nicolas Sarkozy va dans une mosquée, il enlève ses chaussures.

365 : Pour Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon, une telle loi sera « inapplicable » ; selon lui, « un certain nombre de policiers lyonnais disent qu’il va être difficile d’aller dire aux gens, sur tel ou tel marché, par exemple à Vénissieux, qu’il faut enlever leur burqa ». Est-ce que la loi, même ratifiée, ne risque pas de rester lettre morte ?

JM : Si la loi est adoptée, M. Collomb devra, comme tous les autres maires, prendre ses responsabilités pour qu’elle soit appliquée dans sa commune. Même si la règle nouvelle peut impliquer une modification de certains comportements et habitudes, la mission des élus et des forces de l’ordre sera de la faire respecter, quel que soit le contexte.

365 : A gauche, Jean-Luc Mélenchon (député européen, chef de file du Parti de Gauche) s’est prononcé pour une interdiction totale du voile intégral, estimant qu’il « fait de la femme qui le porte un être de seconde zone, susceptible de se voir infliger en public un traitement dégradant ». La droite n’a plus le monopole de cette initiative ?

JM : Je salue les gens de gauche comme Jean-Luc Mélenchon, qui ont compris que le projet de loi que le gouvernement va proposer est le meilleur, et participe à une véritable vision de la société française dans un monde moderne. Au-delà des idéologies et des familles politiques, il s’agit de défendre les valeurs de la République et la dignité de la femme.

365 : Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a demandé la déchéance de la nationalité française pour polygamie et fraude aux aides sociales du conjoint de la femme verbalisée en Loire-Atlantique pour port de niqab au volant. Est-ce que cette démarche, qui a peu de chances d’aboutir, ne procède pas d’une logique de provocation ?

JM : Je ne crois pas. Quand on choisit de devenir français (NDLR Lies Hebbadj a acquis la nationalité française par le mariage en 1999), on sait qu’on a des droits, mais aussi des devoirs, dont celui de ne pas trahir ni tromper la République. Vis-à-vis des personnes qui bénéficient d’aides des organismes sociaux, cette fraude aux allocations familiales, si elle est avérée, est inacceptable. Le déchoir de sa nationalité est peut-être excessif, mais il serait impensable de laisser faire.

Quant à la verbalisation pour port du niqab au volant, cela répond à une problématique de sécurité routière. Si demain, sur la route Dijon – Pontailler, je conduis ma voiture avec un voile intégral, j’écoperai également d’une contravention, car cela bouche la vue et ne permet pas de conduire en sécurité…

365 : En marge de cette question du voile intégral, que pensez-vous des dernières campagnes d’affichage organisées notamment à Dijon et au sein de l’Université de Bourgogne par l’organisation étudiante de droite « UNI », en faveur de « l’assimilation » (plutôt que « l’intégration ») des immigrés ?

JM : Au-delà des polémiques sur les éventuels « excès » des organisations étudiantes de droite comme de gauche, je souhaite surtout qu’une nouvelle structure comme le « Mouvement des Etudiants » (M-ét) puisse rassembler de très nombreux étudiants d’horizons variés, du centre-droit jusqu’à la droite… ».

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Avenir de la Sécurité Sociale et des retraites: regards croisés en Côte d’Or


"Une santé pour tous, à quel prix ?" : Marie-Josèphe Durnet-Archeray, praticien honoraire du CHU de Dijon, invitée du "Café Citoyen" de l'association Vivre Talant

"Une santé pour tous, à quel prix ?" : Marie-Josèphe Durnet-Archeray, praticien honoraire du CHU de Dijon, invitée du "Café Citoyen" de l'association Vivre Talant

Alors que Nicolas Sarkozy vient d’annoncer qu’il allait « mettre à contribution les hauts revenus et les profits du capital pour le financement des retraites », dans le cadre d’une réforme qu’il souhaite « boucler cet automne », Bourgogne 365 revient sur les grands principes fondateurs de la Sécurité sociale française, ses caractéristiques face aux systèmes étrangers, son évolution et les menaces qui pèsent sur elle.

Tandis que la crise économique actuelle semble se prolonger, le rôle d’ « amortisseur » social et économique de la Sécurité sociale prend une dimension particulière. Illustration de l’intérêt actuel pour le sujet, 2 évènements rassemblant un large public ont été consacrés à la question ces dernières semaines dans l’agglomération dijonnaise : un « Café Citoyen » organisé par « Vivre Talant », association liée au groupe municipal d’opposition (gauche) à Talant, sur le thème « Une santé pour tous : à quel prix ? », et une conférence proposée par le Cercle Gaulliste, sur le thème « Sécurité Sociale : le modèle de 1945 va t-il exploser ? »…

Conférence du Cercle Gaulliste "Sécurité Sociale: le modèle de 1945 va t-il exploser ?" avec Laurent Bourguignat, Cécile Caseau-Roche et Louis de Broissia

Conférence du Cercle Gaulliste "Sécurité Sociale: le modèle de 1945 va t-il exploser ?" avec Laurent Bourguignat, Cécile Caseau-Roche et Louis de Broissia

1945 : « Faire prendre en charge par la collectivité les risques auxquels les citoyens peuvent être confrontés »

Si dès 1893, la loi du 15 juillet institue une « assistance médicale gratuite pour tout français malade et privé de ressources », il faudra néanmoins attendre la Libération pour voir l’institution d’un véritable système de sécurité sociale moderne. Comme le rappelle Laurent Bourguignat (Président du Cercle Gaulliste), « la Sécurité sociale est une grande réalisation du Général de Gaulle. Le projet figurait dans le programme du Conseil National de la Résistance, et c’est le Gouvernement Provisoire qui a créé la Sécurité Sociale par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, puis par la loi du 22 mars 1946 instituant le régime général ».

2 systèmes principaux : Bismarck et Beveridge

Quel système choisir alors ? Fallait-il privilégier un principe corporatiste (rappelant un peu les dispositifs d’entraide professionnelle du moyen-âge) ou un système universel financé par tous ? Cécile Caseau-Roche, Maître de conférences à l’Université de Bourgogne, invitée par le Cercle Gaulliste, revient sur les deux systèmes qui pouvaient alors s’offrir à la France :
- celui dit « de Bismarck », basé sur des cotisations prélevées sur les salaires.
- celui dit « de Beveridge », assistanciel, fondé sur l’unité, l’uniformité et l’universalité des prestations.

Un large auditoire d'une soixantaine de personnes a participé activement au débat lors de ce "Café Citoyen" organisé par l'association Vivre Talant

Un large auditoire d'une soixantaine de personnes a participé activement au débat lors de ce "Café Citoyen" organisé par l'association Vivre Talant

Le système français, « hybride », s’inspire à la fois du caractère universel du système de Beveridge, mais privilégie un financement fondé sur le système de Bismarck. Laurent Bourguignat rappelle ainsi les grands principes de la Sécurité sociale française : l’obligation d’adhérer au régime, le financement par prélèvement sur les revenus du travail et la gestion paritaire par des représentants salariés et patronaux.

Un double système de santé public-privé

Marie-Josèphe Durnet-Archeray, pharmacienne, praticien honoraire du CHU de Dijon et Présidente de la Croix Rouge, invitée par Vivre Talant, souligne quant à elle les spécificités du système de santé français, un « double système public-privé, où le service public est assuré par des établissements de soins (hôpitaux) au personnel salarié, alors que dans les établissements de soins privés (cliniques), la clientèle paie le médecin à l’acte ». Marie-Josèphe Durnet-Archeray précise néanmoins que « même s’ils ne sont pas payés à l’acte dans le cadre du service public hospitalier, les médecins disposent de 2 demi-journées par semaine pour exercer une activité libérale depuis la loi Debré de 1958″. Elle ajoute que « l’hôpital représente en France 50% des dépenses de la branche santé de la Sécurité sociale »…

Captivé tant par l'approche historique que par l'enjeu social et politique de la Sécurité sociale, un vaste public a répondu à l'invitation du Cercle Gaulliste

Captivé tant par l'approche historique que par l'enjeu social et politique de la Sécurité sociale, un vaste public a répondu à l'invitation du Cercle Gaulliste

Et chez nos voisins ?

Contrairement aux idées reçues, le système britannique ne porte pas toujours la marque d’un libéralisme dominant. Ainsi Marie-Josèphe Durnet-Archeray précise qu’ « au Royaume-Uni (et généralement en Europe du nord), médecins et pharmaciens sont fonctionnarisés ». Sans porter de jugement direct sur leur efficacité, Mme Durnet-Archeray ajoute que « leurs services sont généralement ouverts de 9 heures à midi et de 14 à 16 heures, avec parfois de longues listes d’attente… ».

Pour sa part, l’Allemagne a choisi le système du médecin référent ; un hôpital ne peut ainsi accepter un patient qui ne serait pas allé voir au préalable son médecin. Mme Durnet-Archeray note que « malgré un certain manque de souplesse, cela permet peut-être parfois de désengorger les services d’urgences ».

USA : vers une couverture universelle ?

Enfin Mme Durnet-Archeray souligne qu’aux USA, les systèmes du Medicare (destiné aux personnes âgées en difficulté) et du Medicaid (pour la grande précarité) sont marginaux face à la prédominance des assurances privées. Chaque médecin américain étant conventionné par telle ou telle compagnie d’assurances, les patients ne peuvent ainsi consulter que les praticiens liés à leur assurance. Toutefois le système de santé américain évolue depuis peu ; Cécile Caseau-Roche mentionne la loi que l’administration démocrate de Barack Obama vient de faire voter (Health Care and Education Reconciliation Act 2010), et qui va « permettre de proposer une assurance maladie à 32 millions d’américains qui jusqu’à présent n’en bénéficiaient pas, dans un pays où la médecine est très onéreuse ».

4 branches, bientôt 5 ?

La Sécurité sociale française était initialement constituée de la branche maladie, de la branche vieillesse, des accidents du travail et des allocations familiales. Laurent Bourguignat rappelle que « ces différentes branches vont être séparées en 1967, lors d’une réforme destinée à faire face aux premières difficultés financières liées à l’allongement de l’espérance de vie et aux progrès médicaux ». Cécile Caseau-Roche précise par ailleurs que « si le système d’indemnités chômage n’a pas été mis en place au début, en 1945, c’est parce que le pays se trouvait à l’époque dans un contexte de reconstruction et de plein emploi ». Ainsi, c’est seulement en 1958 qu’est signé un accord national interprofessionnel mettant en place notre système d’assurance chômage, aujourd’hui géré par l’Unédic et Pôle Emploi (fusion de l’ANPE et des ASSEDIC).

Cependant la Sécurité Sociale pourrait bientôt se voir « pousser » une 5ème branche, avec la prise en charge de la dépendance des personnes âgées et handicapées. En 2010, on estime à plus d’un million le nombre de personnes dépendantes en France. La création de cette nouvelle branche viserait notamment à permettre aux personnes concernées de choisir librement de rester à domicile ou d’être accueillies en établissement. Louis de Broissia, 1er vice-Président du Conseil général de la Côte d’Or (également invité par le Cercle Gaulliste), estime que « la création de cette 5ème branche est nécessaire, car elle répond à un nouveau type de souffrance ». Selon lui, l’introduction de cette 5ème branche pourrait coûter 5 milliards d’euros, mais la question de la dépendance doit être prise directement en charge par la Sécurité sociale, alors que beaucoup d’assurés sociaux sont conduits à souscrire une assurance dépendance.

Menaces sur la Sécurité sociale

Ce n’est pas un scoop, et la presse nationale traite régulièrement du sujet depuis plusieurs décennies : le « trou de la Sécu » se creuse chaque année davantage. Notre système français, dont Marie-Josèphe Durnet-Archeray rappelle qu’il est « fondé sur la solidarité », est confronté à de nouveaux enjeux, et de nouvelles difficultés. Cécile Caseau-Roche pose d’emblée la problématique : « Dans quelle mesure ce système solidaire est-il menacé par des contingences socio-économiques ? ».

Contingences économiques d’abord, avec une nette aggravation des déficits : en moins de 10 ans, ils se sont multipliés par 10 (de 2 à 20 milliards d’euros). Le déficit de la branche maladie s’élève à 9 milliards, celui de la branche vieillesse à 7 milliards, les allocations familiales sont désormais également déficitaires de 2,5 milliards. Le « trou de la Sécu » pourrait même atteindre les 30 milliards en 2010.

Mutations socio-démographiques ensuite, avec l’augmentation de l’espérance de vie (qui progresse chaque année de 4 mois) et implique un vieillissement de la population : en 2050, on estime que sur 70 millions de Français, plus d’un tiers aura plus de 60 ans. Et comme le reconnaît Marie-Josèphe Durnet-Archeray, les personnes âgées coûtent nécessairement plus cher, consommant davantage de médicaments que la moyenne. Par ailleurs, conséquence du phénomène actuel du « Papy-Boom » (vagues massives de départs à la retraite de la génération issue du « Baby Boom » de l’après-guerre), d’ici 10 ans on comptera 1,5 actif pour un retraité, contre 4 actifs pour un retraité en 1945. Comment alors assurer l’équilibre ?

Des solutions souvent impopulaires

Parmi l’éventail des solutions destinées à assurer la pérennité de la Sécurité sociale, Cécile Caseau-Roche évoque la fiscalisation (même légère) du financement de la Sécu, avec la création de la CSG (Contribution Sociale Généralisée) en 1990, puis de la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) en 1996, qui, en lui apportant une nouvelle source de financement, représentent une brèche dans le modèle assuranciel de la Sécurité sociale (financée par des cotisations).

Par ailleurs, les initiatives destinées à maîtriser les dépenses de la branche santé sont souvent mal perçues, à l’image du ciblage des prestations (déremboursement de certains médicaments) ; Marie-Josèphe Durnet-Archeray relève le caractère parfois discutable de l’argument de l’inefficacité de certains médicaments, destiné à justifier leur déremboursement…

En matière de santé, se pose également la question générale de la responsabilisation : le principe du tiers payant (l’assuré social n’a aucune somme à avancer), est-il complice d’une certaine déresponsabilisation, en exonérant les assurés sociaux de la nécessaire prise de conscience de la valeur réelle des prestations ? Les franchises médicales (sommes déduites des remboursements de médicaments, d’actes paramédicaux et de transports sanitaires) et la participation forfaitaire de 1 € permettent t-elles de revaloriser le prix de la santé aux yeux des citoyens ?

Médicaments génériques : une solution imparfaite

Destinés à permettre à la Sécurité Sociale de réaliser des économies, les fameux « médicaments génériques » ne sont pas pour autant, selon Marie-Josèphe Durnet-Archeray, exempts de défauts : « Normalement, pour fabriquer un médicament, il faut compter de 7 à 10 ans de recherche avant l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Seulement, nombre de laboratoires qui fabriquent des médicaments génériques ne font aucune recherche ; grâce à des contraintes allégées, ils ne sont pas soumis aux mêmes contrôles que les médicaments d’origine. On annonce alors que le produit est le même et que seul l’emballage change. Mais si effectivement le principe actif reste le même, ce n’est pas toujours le cas de l’adjuvant. Malgré une certaine éthique médicale, l’industrie pharmaceutique oublie parfois que sa finalité est la santé ».

Retraites : des cotisations plus lourdes, plus longtemps ?

En matière de retraites, l’arithmétique semble plus simple : les variables principales sont d’une part l’augmentation des cotisations (donc des charges sociales), avec d’éventuelles conséquences sur l’emploi et la compétitivité de l’économie nationale, et d’autre part l’allongement de la durée de cotisation (donc le recul de l’âge légal de départ à la retraite), avec le mécontentement social et syndical qu’il implique.

Sans préconiser les choix japonais en matière de réformes, Louis de Broissia remarque néanmoins qu’au Pays du Soleil Levant, « au delà de 75 ans, les seniors doivent à nouveau cotiser au système de sécurité sociale, pour une part de remboursement des soins alors limitée à 70 % ». Une question cruciale pour ce pays où l’espérance de vie est parmi les plus longues au monde…

Par ailleurs, Louis de Broissia, favorable à une « harmonisation » entre les interventions sociales de l’Etat, des départements et des régions qu’il juge parfois « anarchiques » (une façon de soutenir l’actuelle réforme des collectivités territoriales ?), estime que « notre système de sécurité sociale n’est pas mort ni dépassé, mais perfectible ». Selon lui, il est « plus que nécessaire de le refonder, mais cette question reste éminemment politique : en 1945, le Général de Gaulle, du fait qu’il était le libérateur, avait la légitimité d’un rassemblement ». Le 1er vice-Président du Conseil général de la Côte d’Or s’interroge alors : « Trouvera t-on l’occasion de marquer une « pause » dans les querelles politiques pour faire triompher l’intérêt général ? ».

Un modèle en danger ?

Au-delà même de cette nécessité d’un consensus, le modèle français de Sécurité sociale peut-il se réformer sans renier ses principes fondateurs ? C’est la question posée par Laurent Bourguignat, qui, citant notamment « la création du ticket modérateur, celle du forfait hospitalier, la CSG qui ne frappe plus seulement les revenus du travail, et l’allongement de la durée de cotisation », se demande si tous ces aménagements, dont l’efficacité pour consolider notre système est loin d’être établie, ne nous conduisent pas à « rogner progressivement les grands piliers de la Sécurité sociale érigés en 1945″.

Un système garanti par le Droit

Néanmoins, devant les craintes d’une mise à mal du modèle français de Sécurité sociale par certains choix économiques et politiques, Cécile Caseau-Roche tient à rappeler que les principes mêmes de la Sécurité sociale sont garantis en France par le Droit, et notamment par le préambule de la Constitution de 1946 ainsi que par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Des textes intégrés à notre « Bloc de Constitutionnalité », qui occupent donc le sommet de la hiérarchie des normes en droit français et s’imposent au législateur, lequel ne peut théoriquement édicter de loi contraire à ces principes…

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« L’égalité et la solidarité » en débat à Semur-en-Auxois le 30 avril


La Ligue des Droits de l'Homme (LDH), créée le 4 juin 1898, compte aujourd'hui près de 8000 adhérents en France et 15 sections en Bourgogne

La Ligue des Droits de l'Homme (LDH), créée le 4 juin 1898, compte aujourd'hui près de 8000 adhérents en France et 15 sections en Bourgogne

« Où sont passées l’égalité et la solidarité ? » : c’est le thème du Café Citoyen organisé vendredi 30 avril, de 19 à 21 heures, au Café « Carpe Diem », rue du Vieux Marché à Semur-en-Auxois.

Cette soirée débat est organisée par la section Montbard Auxois de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen (LDH), avec la présence de Dominique Guibert, secrétaire général de la LDH.

Entrée libre.

La LDH, officiellement créée le 4 juin 1898 (dans le cadre du combat politique pour l’affaire Dreyfus) par le sénateur républicain modéré Ludovic Trarieux, est « destinée à défendre les principes énoncés dans les Déclarations des droits de l’homme de 1789, 1793, la Déclaration universelle de 1948 et la Convention européenne des droits de l’homme » (art. 1er de ses statuts). Elle compte aujourd’hui près de 8000 adhérents en France, et 15 sections en Bourgogne.

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